- Sputnik Afrique, 1920
Avenir souverain
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Café: pourquoi le producteur africain doit enfin toucher 75% de la valeur de sa récolte

Café: pourquoi le producteur africain doit enfin toucher 75 % de la valeur de sa récolte
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De Madagascar au Burundi, plusieurs pays africains relancent leur filière café. Pour un ancien responsable technique burundais, la vraie bataille se joue ailleurs, dans la part de valeur qui revient enfin au producteur, et dans la création d'une bourse africaine du café.
Dans cet épisode d'Avenir Souverain, nous nous intéressons à la relance de la filière café dans plusieurs pays africains, de Madagascar à la Centrafrique, en passant par le Nigeria, la RDC et le Burundi.
Au micro de Sputnik Afrique, Nestor Nizigiye, ex-directeur technique de l'Office pour le développement du café au Burundi, explique que la priorité est double, améliorer la productivité, puis miser sur la qualité pour redevenir compétitif face aux autres cultures d'exportation.
Pour lui, l'essentiel reste la répartition de la valeur, le producteur devrait bénéficier d'au moins 75% des recettes issues de la commercialisation du café, puisqu'il est à la fois le fournisseur de la matière première et le principal investisseur de la filière. Il rappelle qu'au Burundi, le café a longtemps représenté jusqu'à 80 % des recettes d'exportation, avant de connaître un net déclin, ce qui justifie aujourd'hui la volonté du gouvernement de relancer le secteur.
S'inspirant de l'Éthiopie, où plus de la moitié de la production est consommée localement, l'ancien directeur technique plaide pour une plus grande consommation domestique et une diversification des marchés. Nestor Nizigiye défend aussi la création d'une bourse africaine du café, pour fixer des prix plus justes loin des intermédiaires, et une certification renforcée, bio et équitable, pour mieux valoriser le café africain à l'international.

“Il faut absolument créer une bourse où la recherche des meilleurs marchés devient possible. L'objectif, c'est de diversifier les marchés et de pouvoir capter les marchés les mieux rémunérateurs pour les producteurs, qui en souffrent jusqu'à présent. Le producteur doit être le maître de toute la chaîne de valeur, parce que c'est lui le fournisseur de toute la filière. Il doit être le garant, avec un gouvernement qui, lui, doit garantir aux producteurs un prix juste”, a-t-il affirmé au micro de Sputnik Afrique.

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