L’Afrique est une "victime collatérale des sanctions sur le système SWIFT"

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Nathalie Yamb - Sputnik Afrique, 1920, 29.07.2023
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Les sanctions financières contre la Russie ont des effets jusqu’en Afrique, qui a par exemple du mal à acheter ses engrais, explique à Sputnik la militante panafricaine Nathalie Yamb. L'extraterritorialité du dollar aggrave par ailleurs la position de certains pays du continent.
Des sanctions à retardement. Les restrictions occidentales prises contre la Russie ont un impact sur les pays africains, a déclaré à Sputnik la militante panafricaine Nathalie Yamb. La mise au ban du système SWIFT des banques russes complique notamment les achats africains à la Russie.
S’approvisionner en engrais relève désormais du parcours du combattant, puisqu’il faut passer par des intermédiaires étrangers. Certains pays africains sont par ailleurs poings et pieds liés par leur utilisation du franc CFA, rattaché à l’euro, souligne la militante.
"Nous sommes les victimes collatérales des sanctions sur le système SWIFT. Parce que le CFA, c'est l'euro. On achetait tranquillement nos engrais à la Russie. Aujourd'hui, on a l'argent, il y a de la marchandise, mais on ne peut pas payer car on ne maîtrise pas notre propre monnaie […] Maintenant quand on va acheter des engrais en Russie, il faut passer par des intermédiaires en Turquie, en Chine ou à Dubaï et ça augmente le coût", explique-t-elle ainsi.
D’où l’urgence pour les économies émergentes "d’inventer une architecture financière" alternative, afin de ne plus subir le contrecoup de ce genre de mesures occidentales.

Tout puissant dollar

Les logiques de sanctions s’appliquent aussi très directement à l’Afrique, à travers le principe d’extraterritorialité du dollar, rappelle aussi Nathalie Yamb. Les États-Unis se servent en effet du privilège attaché au billet vert pour intervenir dans les affaires africaines. Ce qui rend nécessaire une vraie dédollarisation, via par exemple un retour à l’étalon-or, explique la militante.
"Nous aspirons à la dédollarisation de l'économie parce que l'extraterritorialité du dollar est utilisée pour sanctionner des gens matin, midi et soir. Juste avant le Sommet Russie-Afrique, Washington a encore sanctionné trois dirigeants maliens parce qu'ils font les choix qui leur conviennent au Mali. C’est une urgence de revenir à l'étalon-or", déclare-t-elle ainsi.
Pour ce faire, les États africains seraient bien inspirés de raffiner et de stocker leur or, plutôt que de le vendre, ajoute Nathalie Yamb, qui se dit persuadée que ce processus de dédollarisation va gagner en importance.
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