Reporté maintes fois, le projet de tunnel ferroviaire Maroc-Espagne verra-t-il enfin le jour?

Né à la fin des années 1970, le projet de tunnel ferroviaire entre l’Espagne et le Maroc a plusieurs fois resurgi, mais n'a jamais été lancé véritablement. Cette fois-ci, les travaux pourraient débuter en 2030, espèrent des experts.
Sputnik
Le projet de relier l’Europe à l’Afrique par un tunnel ferroviaire sous le détroit de Gibraltar, très coûteux et reporté à plusieurs reprises, pourrait finalement voir le jour. Lors de la dernière réunion de la commission mixte hispano-marocaine, l'Espagne et le Maroc ont validé fin juin les études menées depuis 2009 par SECEGSA (Société espagnole d’études pour la communication fixe à travers le détroit de Gibraltar) et la SNED (Société nationale d'études du détroit de Gibraltar), sociétés espagnole et marocaine en charge de ces études, relate Econostrum.info.
Cette ambitieuse initiative de construire un tunnel sous-marin de 42 km est née en 1979, lorsque le Maroc et l’Espagne ont signé une déclaration d’intention commune sous Hassan II et Juan Carlos I, mais aucune pierre n’a encore été posée.
À présent, le projet est "sur le point de se concrétiser", selon José Luis Goberna, président de la SECEGSA, cité par Bladi.net. Les travaux pourraient être lancés dès 2030.

Des investissements nécessaires

D'après Alejandro Castillo, ingénieur civil et professeur à l’université de Grenade, le projet nécessiterait un investissement de 20 milliards d’euros et sa réalisation pourrait durer 10 à 15 ans.
L’Espagne a dépensé des millions d’euros dans les études de faisabilité du projet, rappelle Bladi.net. Celui-ci date déjà de plus de 40 ans et a été à nouveau ressorti lors d'une rencontre début juillet entre le ministre marocain de l'Équipement et de l'Eau et la ministre espagnole des Transports, précise lobservateur.info.
Le gouvernement espagnol a prévu, dans son budget 2023, 750.000 euros pour financer le lancement du projet. Mais sa réalisation nécessite d'autres contributions. L’Union européenne a ainsi accordé à Madrid 2,3 millions d’euros pour peaufiner les études sur sa faisabilité. Le projet est également soutenu par le Royaume-Uni, la Chine et les États-Unis. En Asie, il intéresse le Japon, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Et bénéficie du soutien de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque islamique de développement (BID) et de la Banque arabe.
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