L’Égypte snobe Washington et fait une fleur à Moscou

L’Égypte a refusé de fermer son espace aérien aux avions militaires russes, comme le lui demandaient les États-Unis selon le Wall Street Journal.
Sputnik
L’Égypte ne s’en laisse pas compter. Pressé par Washington d’interdire son ciel aux avions russes se rendant en Syrie, Le Caire a refusé, rapporte le Wall Street Journal citant des sources gouvernementales américaines et égyptiennes.
Les États-Unis avaient déjà fait pression sur des pays comme la Turquie, la Jordanie ou l’Irak pour réduire l’accès aux avions militaires, ce qui a eu pour effet de prolonger les vols vers la Syrie. Mais l’Égypte semble vouloir prendre une voie différente, note le quotidien.
"Des responsables américains et égyptiens ont déclaré que plusieurs responsables US avaient demandé à l'Égypte en février et mars de fermer son espace aérien à l'armée russe, ce qui bloquerait de fait pour la Russie l'accès aérien à la Syrie […] Le Caire n'a pas répondu à la demande et continue d'autoriser les vols russes", écrit ainsi le Wall Street Journal.

Quand l’Égypte tient tête

Ce n’est pas la première fois que l’Égypte tient tête aux pressions occidentales depuis le début du conflit en Ukraine. Le pays n’est pas prêt à renier ses liens historiques avec Moscou, malgré les demandes répétées des Occidentaux, comme l’expliquait récemment à Sputnik Guéorgui Borissenko, ambassadeur russe au Caire.
"Les ambassadeurs des pays du G7 se sont rendus au ministère égyptien des Affaires étrangères et au siège de la Ligue arabe pour réclamer que toutes les rencontres prévues soient annulées. Malgré cette pression, l’Égypte reste fidèle aux traditions d’amitié entre nos pays qui remontent à l’époque de la présidence de Gamal Abdel Nasser", déclarait-il ainsi.
Le Caire continue donc de coopérer avec Moscou dans de nombreux secteurs, comme le nucléaire. Le géant russe Rosatom poursuit ainsi la construction de la première centrale nucléaire égyptienne, à El-Dabaa.
Le pays a aussi maintenu ses liaisons aériennes civiles avec la Russie, ce qui lui permet de continuer à attirer les touristes russes. Pour faciliter les achats de ces derniers, Le Caire songe d’ailleurs a adopté le système de paiement russe MIR, qui séduit aussi l’Inde et le Congo.
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