Le Caire défie les pressions occidentales sur ses projets avec la Russie

Pression occidentale sur les pays arabes et africains, construction par la Russie d’une centrale nucléaire en Égypte, paiements en monnaies nationales, tourisme et adhésion du Caire aux BRICS. Autant de sujets évoqués auprès de Sputnik par l’ambassadeur russe en Égypte.
Sputnik
Dans une interview fleuve accordée à Sputnik, l’ambassadeur russe au Caire Guéorgui Borissenko a désigné les points cruciaux des relations entre la Russie et l’Égypte, exposée à une pression massive de l’Occident qui pose souvent en ultimatum de rompre tout contact avec Moscou.
Pour illustrer cela, il a rappelé le comportement des ambassades occidentales au Caire, l’été dernier, lors de la visite de Sergueï Lavrov.
"Les ambassadeurs des pays du G7 se sont rendus au ministère égyptien des Affaires étrangères et au siège de la Ligue arabe pour réclamer que toutes les rencontres prévues soient annulées. Malgré cette pression, l’Égypte reste fidèle aux traditions d’amitié entre nos pays qui remontent à l’époque de la présidence de Gamal Abdel Nasser", a raconté le diplomate.

Centrale nucléaire et zone industrielle russe

Selon lui, la pression occidentale sur l’Égypte ne l’empêche pas de coopérer avec la Russie dans les domaines culturel, politique et économique.
Concernant ce dernier, il a évoqué le projet phare de la coopération, à savoir la construction par l’agence russe Rosatom de la première centrale nucléaire égyptienne: celle d’El-Dabaa.
Un autre projet important est la mise en place d’une zone industrielle russe près du canal de Suez.
"Au total, sur le marché égyptien près de 500 sociétés russes produisent, exportent et importent", a détaillé le diplomate.

Les paiements en monnaies nationales envisagés

Pour les touristes russes qui aiment passer leurs vacances sur le littoral égyptien, le fonctionnement en Égypte du système de paiement russe Mir revêt une grande importance face à l’impossibilité d’utiliser les cartes Visa et Mastercard émises par les banques russes.
M.Borissenko a fait savoir qu’aucune décision n’avait encore été formulée par les autorités égyptiennes, bien qu’un important travail préparatoire ait été réalisé.
Les paiements en monnaies nationales dans les échanges bilatéraux sont également en attente.
"Des consultations intenses se poursuivent depuis le printemps 2022. Cela permettra d’éviter l’arbitraire des pays occidentaux qui utilisent leurs monnaies dans leurs intérêts géopolitiques, à l’instar des États-Unis", a indiqué l’ambassadeur.

"Les livraisons de céréales russes seraient plus avantageuses pour nos amis égyptiens si elles étaient payées en livres égyptiennes et non pas en dollars… Le dollar perdra inévitablement de son importance, ce qui conduira à l’affaiblissement de l’influence américaine. L’Égypte et le monde arabe commencent à le comprendre", a-t-il détaillé.

Projet d’adhésion aux BRICS

Le diplomate a également fait état de l’intérêt de l’Égypte envers l’adhésion aux BRICS.
"Le Caire a déjà annoncé son intention dans des lettres officielles envoyées à tous les membres du groupe. La Russie a soutenu activement la demande égyptienne et se réjouira de le voir devenir un membre à part entière."
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