Les missiles hypersoniques de la Russie se tiendraient prêts à défendre son territoire

La Russie préparerait des mesures de riposte au cas où les États-Unis sortiraient effectivement du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).
Sputnik

Lors du lancement de ses consultations traditionnelles d'automne avec les dirigeants du ministère de la Défense et des représentants du complexe militaro-industriel, Vladimir Poutine a souligné que la décision américaine de quitter le FNI «ne [pouvait] évidemment pas rester et ne restera pas sans réponse de notre part», rappelle le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

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Pour sa part, l'Otan considère que la Russie dispose déjà d'armes capables de renforcer ses positions en cas de dissolution du FNI. La porte-parole de l'Alliance Oana Lungescu a notamment mentionné les missiles 9M729 installés sur les systèmes tactiques Iskander, au sujet desquels Moscou avait affirmé en décembre 2017 qu'ils étaient déployés «en totale conformité avec les engagements internationaux de la Russie dans le cadre du FNI».

Les menaces associées aux missiles russes ont été évoquées début octobre au cours du sommet des ministres de la Défense des pays de l'Otan à Bruxelles. Kay Bailey Hutchinson, ambassadrice américaine auprès de l'Alliance, avait alors indiqué que les États-Unis examineraient des moyens éventuels de neutraliser le 9M729 si ce dernier «était en mesure de détruire des sites des alliés de l'Otan en Europe ou de frapper l'Amérique».

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Les experts du magazine The National Interest estiment quant à eux que les forces terrestres de l'Otan sont incapables de lutter contre les Iskander de manière efficace sans subir de pertes inacceptables, c'est pourquoi l'aviation devrait être le moyen principal de combat contre ces systèmes de missiles.

En même temps, les analystes estiment qu'une «attaque d'Iskander pourrait rapidement déterminer l'issue d'une guerre locale dès son déclenchement car l'élimination des radars de la défense antiaérienne locale, détectés grâce au renseignement radiotechnique, permettrait aux forces aérospatiales russes de lancer des bombardements massifs à l'aide des Su-34 et des Su-24». Qui plus est, la «destruction par les Iskander des aérodromes, des centres de commandement, des dépôts, des casernes et des hangars sur les bases militaires pourrait transformer l'armée régulière en force désorganisée et privée d'approvisionnement et de gestion quelque minutes après le déclenchement du conflit».

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Il y a une semaine, le ministère russe de la Défense a annoncé que la région de Kaliningrad avait accueilli des exercices tactiques spéciaux autour du déploiement des systèmes de missiles Iskander-M. Selon les informations transmises, les spécialistes se sont entraînés à «utiliser les systèmes de tir et de chargement et ont effectué des tirs électroniques d'entraînement sur des cibles différentes».

Aujourd'hui, la Russie veut avant tout freiner les mesures militaires liée à la sortie éventuelle des États-Unis du FNI. Vladimir Poutine a notamment dit espérer que son futur entretien avec Donald Trump permettrait de résoudre les problèmes liés au traité. Le dirigeant russe est certain que le «bon sens et la responsabilité mutuelle formeront la base du dialogue sur la stabilité stratégique et le renforcement du système de sécurité collective, qui est nécessaire depuis longtemps».

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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