Riyad changera-t-il l’ordre de succession? La diplomatie saoudienne répond

Les informations sur l’intention de membres de la famille royale saoudienne d’empêcher le prince héritier Mohammed ben Salmane d'accéder au trône sont «inacceptables» et ridicules, tout comme les idées de forces étrangères de changer le pouvoir en Arabie Saoudite, a affirmé à CNBC le chef de la diplomatie saoudienne Adel ben Ahmed al-Joubeir.
Sputnik

Riyad: la place de Mohamed ben Salmane serait menacée par des membres de la famille royale
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel ben Ahmed al-Joubeir, a démenti ce mercredi les informations sur un éventuel nouveau changement de l'ordre de succession au trône royal parues récemment dans le contexte des tensions accrues autour de l'affaire Khashoggi, a annoncé ce mercredi la chaîne de télévision CNBC.

«Ces commentaires [des médias, ndlr] sont scandaleux et inacceptables», a-t-il déclaré à CNBC.

Il s'est également adressé aux partisans d'un changement de pouvoir dans le royaume.

«C'est ridicule. Le leadership en Arabie saoudite représenté par le roi et le prince héritier est une ligne rouge pour chaque Saoudien, homme ou femme», a constaté le chef de la diplomatie saoudienne à CNBC.

Affaire Khashoggi: les contrats saoudiens ont suffi pour apaiser l'indignation des USA
Selon lui, tout le pays soutient le monarque Salmane ben Abdelaziz al-Saoud et le prince héritier Mohammed ben Salmane al-Saoud, ainsi que leur politique.

«Le royaume d'Arabie saoudite est attaché à la stratégie que nos dirigeants nous ont présentée dans les cadres de la [conception de développement, ndlr] Vision 2030», a souligné M.al-Joubeir.

Il est sûr que les rumeurs et les scandales provoqués par l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi n'empêcheront pas le développement du pays.

«Nous continuerons d'aller de l'avant malgré ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas dire», a conclu Adel ben Ahmed al-Joubeir.

Trump: le prince héritier saoudien aurait été au courant de l'assassinat de Khashoggi
En se référant à ses sources proches de la cour, l'agence Reuters a annoncé lundi que des membres de la famille royale saoudienne s'évertuaient à empêcher le prince héritier Mohammed ben Salmane d'accéder au trône. Plusieurs dizaines de princes voudraient que le frère cadet du roi Salmane, le prince Ahmed ben Abdoulaziz, âgé de 76 ans, soutenu notamment par les services de sécurité saoudiens et plusieurs puissances occidentales, lui succède.

Selon l'enquête menée par la CIA dont The Washington Post affirme connaître les résultats, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, aurait ordonné l'assassinat du journaliste et dissident Jamal Khashoggi.

Un journal turc publie les prétendus enregistrements de la mort de Jamal Khashoggi
Il a été tué le 2 octobre dernier au consulat saoudien à Istanbul, où il s'était rendu pour effectuer des démarches administratives. Après avoir d'abord nié le meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par reconnaître que l'éditorialiste avait trouvé la mort lors d'une opération «non autorisée». Plus d'un mois après sa mort, son corps n'a toujours pas été retrouvé. Les autorités saoudiennes démentent avoir ordonné son assassinat.

La Turquie mène sa propre enquête sur cette affaire. Le 31 octobre, le procureur général d'Istanbul a annoncé que, dès son arrivée au consulat, Jamal Khashoggi avait été tué par strangulation, son corps ayant par la suite été démembré. La Turquie a réaffirmé le 19 novembre attendre le «bon moment» pour publier les enregistrements du meurtre.

Le journaliste s'était exilé en 2017 aux États-Unis et publiait régulièrement dans le journal The Washington Post des tribunes critiques envers l'héritier du trône saoudien.

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