Le monde au seuil de la réédition de la crise financière mondiale de 2008?

Phénomène cyclique, une nouvelle crise financière mondiale, comparable à celle que le monde a connu il y a exactement 10 ans, peut pointer à l’horizon, explique à Sputnik un économiste de Smith's Research & Gradings.
Sputnik

La crise bancaire et financière de 2008, qui a secoué le monde le 15 septembre 2008, pourrait se rééditer et ce en raison des dettes souveraines et commerciales exagérées, de la perte de confiance des investisseurs et des compagnies de la nouvelle vague ignorant les règles du marché baissier, a annoncé à Sputnik Scott McDonald, économiste en chef à l’agence Smith's Research & Gradings.

La fin de l’euro est-elle donc toute proche?
Il y a 10 ans jour pour jour, la banque Lehman Brothers, quatrième banque d'investissement américaine, se déclarait en faillite, ce qui a donné le coup d’envoi à la crise financière mondiale qui dégénérera plus tard en récession globale. D’habitude, on lie son origine à une série de facteurs, dont la crise hypothécaire américaine de 2007.

«Malheureusement, la réalité est qu'il y aura toujours une nouvelle crise. Nous ne verrons peut-être pas une réédition de la faillite des banques hypothécaires en série et ce qui en a suivi. Mais nous avons accumulé une importante dette publique et la dette souveraine ne cesse de croître que ce soit aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Japon ou en Italie et ce processus ne peut pas être stoppé: la croissance de la masse critique du poids de la dette se poursuit», a-t-il déclaré.

Et d’ajouter que les corporations avaient accumulé d’importantes dettes sur les marchés en développement et, lorsque les taux augmentent, la pression s’accumule davantage.

«La confiance des investisseurs est le facteur clé pour le croissance des marchés. Actuellement, cette confiance repose sur le fait que l’économie américaine suit une croissance à des rythmes élevés, que les transactions seront conclues et que les investisseurs continueront à financer le déficit budgétaire américain», poursuit-il.

«L'euro ne marche pas, c'est un fait»
Or, cette confiance peut être facilement ébranlée si les «guerres commerciales sortent du contrôle et la politique de resserrement des taux de la Fed complique l’accès au financement. Dans un tel cas de figure, la menace d’une nouvelle crise, similaire à celle de 2008 sera sérieuse», explique l’expert.

La prochaine crise sera vraisemblablement différente et il est probable qu’elle soit liée aux nouvelles technologies et aux institutions financières non bancaires qui ignorent les règles du marché baissier, conclut-il.

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