Le ministre algérien de l’Intérieur répond aux attaques sur le traitement des migrants

Les attaques de certains médias internationaux et d’ONG à l’égard de l’Algérie sur la question des réfugiés sahariens et subsahariens sont «non constructives et infondées». C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Intérieur du pays en réaffirmant le refus d’Alger d’installer des camps de rétention sur son territoire.
Sputnik

Dans son intervention, le 15 juillet, à l'occasion de l'ouverture des travaux de la 6e session du Comité bilatéral frontalier algéro-nigérien (CBF), à Alger, Noureddine Bedoui, le ministre de l'Intérieur, des collectivités locales et de l'Aménagement du territoire, a réfuté les récentes attaques médiatiques et d'ONG à l'égard de l'Algérie sur la question des migrants les qualifiant d'infondées. Il a aussi réaffirmé le refus catégorique d'Alger d'installer sur son territoire des camps pour réfugiés, selon l'Algérie Presse Service (APS).

«L'Algérie qui a toujours su endiguer le phénomène de la migration clandestine est confrontée aujourd'hui à une campagne de critiques non constructives et infondées», a déclaré le ministre en soulignant que son pays «a toujours soutenu les migrants africains et n'a ménagé aucun effort, notamment au plan humanitaire, pour leur prêter aide et assistance».

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Concernant la question de mettre sur pied des camps de rétentions de migrants sahariens et subsahariens sur le sol algérien, le responsable a affirmé à la presse, en marge de la conférence, que «Je pense qu'on a été clair», en indiquant que la position d'Alger «est connue car elle a été affichée [clairement, ndlr] par le ministre des Affaires étrangères».

Évoquant l'ampleur du phénomène migratoire qui devient de plus en plus inquiétante, M.Bedoui a relevé la nécessité que l'Algérie et le Niger coopèrent activement pour faire à cette situation. «La prolifération notable de ce phénomène devient inquiétante et exige d'assurer davantage de coordination, d'intensifier les efforts pour lutter contre les réseaux de traite humaine et lutter contre le radicalisme et l'extrémisme violent», a déclaré le ministre.

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L'Algérie n'acceptera en aucun cas que des camps de rétention de clandestins soient ouverts sur son territoire au profit de l'Europe, a déclaré, le 27 juin, le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, dans un entretien accordé à RFI. «Nous l'avons dit. Il est exclu que l'Algérie ouvre une quelconque zone de rétention […]. Nous sommes déjà confrontés aux mêmes problèmes», a déclaré le chef de la diplomatie algérienne. «Nous procédons à des reconductions, mais nous le faisons selon des arrangements que nous avons avec nos pays voisins», a-t-il ajouté.

Le 13 juillet, l'agence américaine Associated Press (AP) a affirmé que «les expulsions meurtrières de migrants dans le désert du Sahara», menées par les autorités algériennes, avaient pratiquement cessé «après une condamnation généralisée», suite à son enquête sur le sujet diffusée le 25 juin par la chaîne qatarie Al Jazeera.

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«Les expulsions vers les frontières du désert que l'Algérie partage avec le Niger et le Mali ont pratiquement cessé depuis qu'Associated Press a rapporté, il y a moins de trois semaines, que plus de 13.000 personnes, dont des femmes et des enfants, avaient été abandonnées [par les autorités algériennes, ndlr] dans cette région dangereuse depuis 2017, selon des responsables de l'organisation internationale de l'Onu pour la migration», a affirmé AP.

Tout en affirmant que l'Algérie continue d'expulser des migrants venant du Niger, avec lequel elle a conclu un accord dans ce cadre depuis 2015, l'agence a souligné qu'après la publication de son rapport «les autorités algériennes ont invité les médias locaux à assister aux opérations de reconduite à la frontière pour prouver qu'elles se déroulaient d'une manière humaine».

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