- Sputnik Afrique, 1920
Avenir souverain
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Télécoms algériens: l'IA pilote les réseaux, mais qui garde le contrôle des données ?

Télécoms algériens: l'IA pilote les réseaux, mais qui garde le contrôle des données ?
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Avec plus de 56 millions d'abonnements mobiles, l'Algérie mise sur l'intelligence artificielle pour piloter ses réseaux. Pour une chercheuse algérienne, le défi n'est pas de manquer d'ingénieurs, mais de financer les infrastructures et de garder la maîtrise des données.
Dans cet épisode d'Avenir Souverain, nous nous intéressons à une transformation qui se joue souvent loin du regard des utilisateurs: l'arrivée de l'intelligence artificielle dans les réseaux de télécommunications. En Algérie, le cap des 56 millions d'abonnements mobiles a été franchi à la fin du troisième trimestre 2025, avec plus de 1,6 milliard de gigaoctets consommés en trois mois à peine, et les opérateurs doivent désormais piloter des infrastructures d'une complexité croissante.
Au micro de Sputnik Afrique, Hind Ibtihal Boudjema, chercheuse et doctorante à l'École supérieure d'économie d'Oran, explique que le pays a fait le choix de la digitalisation, en encourageant les start-up spécialisées dans l'IA par des financements et des formations, et en poussant des opérateurs comme Mobilis ou Ooredoo à développer des technologies telles que la 5G et l'Internet des objets. Mais pour elle, la véritable difficulté est ailleurs.
Selon la chercheuse, l'Algérie ne manque pas d'ingénieurs, mais de financements et d'infrastructures, les serveurs coûtant très cher. Elle plaide pour un pont solide entre l'université, l'entreprise et le marché, afin de transformer les projets d'étudiants en start-up et de freiner la fuite des compétences. En ce qui concerne les données, elle appelle à un cadre national sécurisé, anonymisé et strictement encadré, pour partager l'information entre opérateurs, chercheurs et start-up sans mettre les citoyens en danger.

“Héberger certaines données sur une infrastructure nationale peut présenter un intérêt stratégique. On garde, par exemple, davantage de contrôle sur l'infrastructure, sur l'accès et sur la gouvernance des données. Mais il faut faire une distinction, faire attention à ne pas confondre la souveraineté des données et la simple localisation physique des serveurs. Avoir un serveur physiquement en Algérie ne garantit pas, à lui seul, qu'une donnée est parfaitement protégée”, a-t-elle affirmé au micro de Sputnik Afrique.

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