Le potentiel de l’Alliance des États du Sahel va au-delà de la défense

© Photo Burkina Faso PresidencyLe Président du Burkina Faso Ibrahim Traore avec son homologue malien Assimi Goita.
Le Président du Burkina Faso Ibrahim Traore avec son homologue malien Assimi Goita. - Sputnik Afrique, 1920, 12.12.2023
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L’Alliance des États du Sahel (AES), nouvelle organisation qui réunit le Burkina, le Mali et le Niger, "évoluera vers une alliance économique", a affirmé Ibrahim Traoré, Président burkinabè de la Transition. Pour Sputnik Afrique, deux experts réagissent à cette annonce.
Même si l’union formée entre ces trois pays d’Afrique de l’Ouest visait initialement la défense commune, une alliance économique aurait plusieurs avantages pour les participants.

"Les avantages, ce serait de mutualiser les moyens et de faire des économies d'échelle, parce que ces trois pays ont les mêmes défis, font face aux mêmes menaces qui sont transfrontalières. Donc, à travers une coopération sous-régionale poussée […], non seulement elles pourront faire face aux défis socio-économiques, mais aussi aux défis de défense et de sécurité", a indiqué à Sputnik Modibo Mao Makalou, économiste et gestionnaire financier malien.

Pour qu’une union économique se mette en place, il faut en condition préalable "une diversification des échanges et un renforcement des liens commerciaux", a expliqué Hamidou Sawadogo, enseignant chercheur à l'université burkinabè Joseph Ki Zerbo.
"Cela pourrait être plus bénéfique pour les trois pays en créant un marché commun et en amenant des marchés plus vastes et plus disponibles", a-t-il ajouté.

Quelle différence par rapport aux intégrations existantes?

Contrairement aux autres alliances, les trois États partagent une vision et des objectifs communs, a affirmé le professeur Sawadogo.

"Il y a les populations aussi, qui adhèrent pleinement à cette forme d'intégration, alors que quand vous prenez l'intégration au milieu de la CEDEAO, les populations ne se reconnaissent pas toujours et par conséquent, d'aucuns qualifieraient la CEDEAO d'intégration des chefs d'État", a-t-il détaillé.

"La différence entre l'AES et deux autres organisations sous-régionales (l'UEMOA et la CEDEAO), c'est qu'il n'y a pas d'empiètement pour le moment, puisque la dernière étape de l'intégration économique et monétaire, c'est avoir une monnaie commune ou unique", a déclaré de son côté M.Makalou.
Toutefois, l’éventuelle création d’une monnaie commune ne devrait pas poser de problèmes aux pays membres de l’AES, a estimé l’économiste. Pour lui, grâce à la convergence macroéconomique, les trois États sont capables de mobiliser leurs réserves d'or et de devises pour garantir cette monnaie.
L’Alliance des États du Sahel (AES) a été créée le 16 septembre dernier par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, après leur sortie de G5 Sahel, lequel s’était donné pour but de faire du Sahel un espace de sécurité et de développement.
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