À trop soutenir Kiev, l’Allemagne se retrouve à court de munitions

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Balles - Sputnik Afrique, 1920, 28.11.2022
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Les livraisons d’armes à Kiev ont fait baisser la quantité de munitions à disposition de l’armée allemande, rapporte Die Welt. Berlin va devoir sortir le chéquier pour remédier au problème.
Le soutien militaire à Kiev met l’armée allemande dans une situation inconfortable. La Bundeswehr se fait en effet lessiver ses stocks de munitions, rapporte Die Welt. La situation est critique puisqu’en cas de guerre, l’approvisionnement pour certains calibres ne durerait que quelques jours, voire quelques heures, souligne le quotidien.
"La guerre d'Ukraine a entraîné une énorme consommation de munitions et montre aux forces de l'Otan qu'elles ont besoin de reconstituer leurs stocks. Rheinmetall [entreprise allemande d’armement, ndlr] souligne que l'Ukraine tire chaque jour 6.000 à 10.000 cartouches dans le segment des gros et moyens calibres, et que la Russie en tire même 20.000. Sur les petits calibres, la consommation est susceptible d'être bien plus élevée", écrit Die Welt.
L’état des stocks inquiète d’ailleurs en haut lieu. Des discussions avec des représentants de l’industrie de défense doivent avoir lieu. Une enveloppe de 20 milliards d’euros pourrait être débloquée en vue de reconstituer les approvisionnements, a annoncé le porte-parole du gouvernement Steffen Hebestreit.
Les exigences de l’Otan, qui impose par exemple les munitions à faibles émissions nocives, ne facilitent pas la tâche de Berlin, souligne encore le quotidien allemand.

Dépendance à la Chine

Outre les livraisons à l’Ukraine, Berlin paie aussi la réduction des exportations chinoises. Les délais pour recevoir certaines poudres ou cotons utilisé dans les munitions peuvent aller jusqu’à 14 mois, note Die Welt.
L’Allemagne n’est d’ailleurs pas le seul pays à s’être mis dans de sales draps avec ses livraisons à Kiev. La France a elle aussi fait des largesses, livrant 18 de ses 76 canons CAESAR à l’Ukraine, ainsi que de nombreux missiles Milan et Mistral. Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a admis qu’un réassort de munitions "dès 2023" s’imposait.
En cas de conflit de "haute intensité", l’armée française ne pourrait tenir qu’un front de 80km, rapportait même L’Opinion, en octobre dernier.
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