Alger explique à quelle condition il pourrait accueillir le chef du gouvernement espagnol

© AP Photo / Rafael YaghobzadehDrapeau algérien
Drapeau algérien - Sputnik Afrique, 1920, 03.09.2022
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Alors que le chef du gouvernement espagnol a réitéré la semaine dernière son intention de se rendre en Algérie, Alger lui a signifié qu’il était le bienvenu, mais à une condition: préciser que l’Espagne respecte l’intégrité territoriale du Maroc à l'intérieur de ses frontières légalement reconnues.
Après qu’Emmanuel Macron a effectué une opération réconciliation en Algérie, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a manifesté sa volonté d’ouvrir une nouvelle page dans les relations avec l’Algérie.
Le torchon brûle entre Madrid et Alger depuis mars dernier, l’Espagne ayant annoncé soutenir le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental.
Cependant cette dernière semaine M.Sanchez a insisté sur son souhait de se rendre en Algérie.
Mardi 30 août il a déclaré lors d’un point de presse avec le chancelier allemand Olaf Scholz qu’il "aimerait" y aller.
Deux jours plus tard, il a fait savoir dans un entretien à la radio Cadena SER que l’exécutif espagnol travaillait pour "rétablir les meilleures relations avec l’Algérie".

Alger récalcitrant

Pour Alger le réchauffement n’est possible qu’à certaines conditions.
"Pour que la visite ait lieu, Sanchez doit s’engager à faire une déclaration claire, sans équivoque et irréversible de la position de l’Espagne sur la question du Sahara occidental", a signalé sous couvert d’anonymat un haut responsable algérien dans un entretien au quotidien espagnol El Confidencial.
Il a ajouté que cette clarification devait être "respectueuse du statut du Sahara occidental en tant que territoire non autonome".
"Pedro Sanchez doit préciser que l’Espagne respecte l’intégrité territoriale du Maroc à l’intérieur de ses frontières légalement reconnues. Sans cela, vous ne pourrez pas aller en Algérie", a-t-il détaillé.

Le soutien à un plan marocain à l’origine de la crise

La crise dans les relations algéro-espagnoles date de l’annonce le 18 mars dernier par le gouvernement espagnol de son soutien au plan d’autonomie marocain.
L’Algérie a rappelé son ambassadeur à Madrid, a suspendu le traité d’amitié avec l’Espagne et a donné la priorité à l’Italie dans l’augmentation des flux de gaz.
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, cristallise les tensions au Maghreb depuis plusieurs décennies. Le Front Polisario y conteste les revendications marocaines et a créé la République arabe saharienne démocratique (RASD) en 1976. Le mouvement réclame désormais un référendum d’autodétermination, alors que le Maroc penche pour une autonomie sous sa souveraineté. Alger soutient traditionnellement les indépendantistes.
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