Un article polémique à l'origine de la disparition prochaine du journal de la ville de Saint-Denis

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Quelques mois après son élection à Saint-Denis, le maire socialiste Mathieu Hanotin annonce la fin de la subvention au Journal de Saint-Denis, «unique en France», qui paraissait depuis 1992, relate Le Parisien. Les dix emplois de la rédaction vont aussi disparaître. L'opposition parle d'une attaque contre la pluralité d'expression.

Avec l'avènement de l'édile socialiste Mathieu Hanotin et la fin de l'ère communiste à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le temps du Journal de Saint-Denis (JSD) qui paraissait depuis 1992 semble désormais être compté. Lors du conseil du 17 décembre, la mairie a décidé de lui retirer sa subvention, explique Le Parisien.

«La crise interne au Journal de Saint-Denis, qui a abouti à la démission du directeur, est aujourd'hui un facteur déclencheur», avance le maire.

Dissensions au sein de la rédaction

Le directeur de la rédaction Yann Lalande a en effet annoncé son départ le 12 novembre après trois ans de fonction suite à de vives dissensions engendrées par l'éditorial qu'il avait écrit en réaction à l'assassinat de Samuel Paty.

Le texte, intitulé «De l'esprit munichois», comparait l'islamisme à un projet «fascisant» contre lequel la République devait lutter. Face aux désaccords exprimés par certains journalistes, Yann Lalande avait décidé de ne pas le publier, et de démissionner.

Expérience unique et objections du maire

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Le sort du JSD était incertain dès le mois de juillet alors que le maire fraîchement élu avait souhaité diminuer la subvention municipale et demandé aux responsables du journal de réduire les frais de la publication, signale Le Parisien.

«On décrit un projet d'intérêt général qui n'a jamais fait l'objet de la moindre mise en concurrence. On consacrait beaucoup d'argent à un seul acteur de la démocratie locale d'opinion.»

L'opposition, en la personne de l'élu communiste David Proult, défend au contraire «une expérience unique en France, un bon journal local qui ne recevait pas de consignes de la ville».

«Mathieu Hanotin veut faire taire ce journal, qui est un moyen d'expression pour les Dionysiens. Et reprendre ainsi la main sur tous les moyens de communication. C'est une attaque contre la pluralité d'expression», affirme David Proult au Parisien.

L'édile dionysien juge que des «solutions de substitution seront trouvées pour informer les citoyens de ce qu'il se passe dans leur ville».

Et en ce qui concerne les dix salariés de la rédaction, «si on peut limiter le coût social pour le personnel, on le fera», assure Mathieu Hanotin.

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