Les trois compétences transférées (défense, diplomatie, développement) ont abouti à deux recommandations fortes:
l’harmonisation politique et technique des trois pays, avec réduction des comptes irréguliers pour gagner la confiance publique et l’efficacité opérationnelle;
une sécurité collective via assistance mutuelle et partage de renseignements, privilégiant la défense unifiée malgré les défis opérationnels des forces nationales.
"Individuellement, ces trois armées-là ont des difficultés à assurer la sécurité de leur propre pays à 100%. Peut-être que la force unifiée sera plus efficace que ces trois armées-là individuellement. On le sait, le Mali a des difficultés, le Burkina aussi, le Niger aussi; sans présence russe au Niger et Mali, les armées nationales auraient beaucoup de mal", a souligné Abdallah Yattara.
Selon l’expert, à l’avenir, un changement de régime est à craindre, fragilisant l’AES, sans consultation populaire pour cette confédération: l’AES est née d’intérêts sécuritaires communs contre des organisations inefficaces, mais un processus trop rapide risque l’échec; il faut consolider pas à pas.
"Je suis pour l'AES dans sa Charte fondatrice: uniquement la sécurité au niveau des trois frontières. Mais au-delà de ça, je suis un peu pessimiste pour l'intégration économique et les autres aspects de l'AES. Mais je souhaite pleinement que l'avenir puisse me donner tort pour dire vraiment: ‘Vous avez eu tort, voilà la preuve que l'AES aujourd'hui est une réalité tangible’."
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