Karine Bechet souligne que, au-delà des déclarations farfelues de Zelenski à Davos, une vérité s’impose – l’Ukraine est bien l’avenir de l’Europe:
"C'est en tout cas manifestement l'aboutissement logique de l'Europe, si elle continue dans cette ligne, c'est-à-dire un pays en guerre, c'est-à-dire un pays qui est socialement détruit, c'est-à-dire un pays qui n’a plus de structure étatique, dont les ressources sont utilisées de l’extérieur pour servir des intérêts étrangers. En quelque sorte, effectivement, l'Ukraine aide beaucoup l'Europe à se diriger sur cette voie".
Les autorités russes ont eu des paroles assez fortes au sujet des relations avec les États-Unis et soulignent leur manque de volonté de passer réellement à l’acte, ce qui joue sur le processus de paix, déclaré comme étant un long processus difficile par la Russie. Pour Karine Bechet:
"La Russie n'a pas d'illusion. Elle joue le jeu et les États-Unis, semble-t-il, n'ont pas compris que la Russie n'avait pas d'illusion. Ils ont dû penser, qu'ils avaient encore une fois réussi à la berner. Et c'est pour ça qu'il se comporte de cette façon-là. Là, la Russie remet les points sur le i en expliquant, en gros, que oui, nous pouvons discuter, mais soyons quand même réalistes".
Selon Karine Bechet, les Atlantistes ont de grandes difficultés à reconnaître juridiquement les nouvelles frontières de la Russie, sans parler de la question des territoires libérés au-delà de ces frontières par l’armée russe, car la question territoriale est stratégique:
"Le territoire revêt toujours une importance stratégique, parce que lorsque vous contrôlez le territoire, soit vous le contrôler juridiquement, dans le sens où ça fait partie de votre territoire national, vous imposez donc un ordre juridique qui va déterminer également la manière dont les gens vont vivre, qui va définir le fonctionnement des institutions; soit vous le contrôlez de l'extérieur, comme c'était le cas, par exemple, pour l'Ukraine, de la part des Atlantistes, sur le plan idéologie, et vous en faites une sorte de protectorat, et dans ce cas-là, vous allez déterminer la vie politique et les priorités, notamment à l'intérieur et à l'extérieur. Se pose également la question de l'accès aux ressources naturelles sur ce territoire. Donc, il est extrêmement difficile pour les Atlantistes de reconnaître les nouvelles frontières de la Russie".
Pour Karine Bechet, l’interpellation par les autorités françaises de personnes faisant de l’humanitaire dans le Donbass est très significatif:
"Donc oui, le problème vient du fait qu'il s'agisse de la Russie et ça montre bien une chose. C'est que la France et les autorités françaises sont rentrées dans la logique de l'ennemi, c'est-à-dire qu'ils se considèrent en guerre. Et donc, a priori, toute personne qui même fait de l'humanitaire, qui d'une manière ou d'un autre est liée à la Russie, maintenant est considérée comme un espion".
La France accélère la production de drones et notamment de longue portée. Des drones ayant une portée de 500 km ont ainsi été livrés à l’Ukraine. Selon Karine Bechet:
"Les Occidentaux ne parlent que des cibles militaires, mais nous savons pertinemment que principalement des cibles civiles sont touchées par l'armée ukrainienne. Donc, cela met effectivement réellement en danger la population civile. Heureusement, pour l'instant, le système de défense aérienne russe est un système efficace. On le voit quand il repousse justement de très nombreuses attaques de drones. Donc, il y a en fait cette volonté de faire basculer le conflit vers une guerre sale".
L’Estonie et la France restreignent le déplacement des diplomates russes, en leur imposant une obligation préalable d’information des autorités nationales. Pour Karine Bechet:
"Tout diplomate russe est en fait, dans leur esprit, un espion potentiel".
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