Pourquoi l’Algérie a-t-elle choisi de franchir le pas d’une loi criminalisant la colonisation française ? Cette initiative suscite débats et interrogations partout en Afrique et bien au-delà de ses frontières.
Dans cet épisode de L’Afrique en Marche, l’historien algérien Hosni Kitouni explique que cette démarche ne vise pas à réécrire l’histoire, mais à lui donner une qualification juridique claire.
"La criminalisation du colonialisme ne relève pas d’une volonté de réécrire l’histoire, mais d’une démarche de qualification juridique d’un système dont les mécanismes ont été amplement documentés par la recherche historique", affirme-t-il.
Selon lui, cette loi s’inscrit dans un mouvement national et international plus large, visant à reconnaître la nature criminelle du système colonial, au-delà des seuls crimes ponctuels:
"Il s’agit d’aller plus loin en rattachant les crimes coloniaux à leurs causes structurelles: le racisme, l’exploitation des ressources et de la force de travail, les violences extrêmes et les génocides".
Hosni Kitouni rappelle également que le colonialisme n’appartient pas uniquement au passé:
"Sous des formes complexes, il continue de sévir dans le monde et d’alimenter des guerres, notamment en Afrique, autour de la course aux ressources".
Pour l’historien, l’intérêt majeur de la loi algérienne réside enfin dans son timing politique et historique:
"Elle arrive à un moment crucial, marqué par une poussée des revendications, notamment chez les jeunes Africains, en faveur d’une justice réparatrice pour les crimes de la colonisation".
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