Afrique en marche

Toutes les promesses des COP "servent à endormir les Africains", affirme un expert malien

En tant qu’Africains, nous n’attendons rien de concret de la COP28 qui se tient du 30 novembre au 12 décembre à Doubaï, constate, dans L’Afrique en marche, le professeur malien Alhousseini Bretaudeau, ex-secrétaire exécutif du Comité Permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel. Les Africains doivent se prendre en charge.
Sputnik
"L'Afrique est le continent qui contribue le moins, même de manière insignifiante par rapport aux autres, aux émissions de gaz à effet de serre comme le CO2 ou le méthane, mais paradoxalement, et d’une manière on ne peut plus injuste, ce sont les pays africains qui payent les plus lourds tributs du dérèglement climatique", affirme à Radio Sputnik Afrique le Pr Alhousseini Bretaudeau, fondateur du laboratoire d'agrophysiogénétique et de biotechnologie végétale de l’Université de Katibougou. Membre Fondateur de l'Académie des Sciences du Mali et Grand Officier de l'Ordre National, il est également l’ancien secrétaire exécutif du Comité Permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS).

En déplorant aussi que "toutes ces COP, dont la 28e qui se tient actuellement à Doubaï, avec tous les engagements qui y sont pris envers l’Afrique, notamment par les pays occidentaux les plus riches, servent en réalité à endormir les Africains plus qu’autres choses. En effet, toutes les promesses d’assistances scientifiques, technologiques, industrielles et financières faites par les pays riches pour aider les pays du Sud à s’engager dans la transition énergétique et à lancer des politiques de développement respectueuses de l’environnement et du climat, ne voient jamais le jour. Ainsi, si les Africains commettent l’erreur stratégique de financer eux-mêmes ces politiques extrêmement coûteuses, dont l’Occident lui-même n’arrive pas à trouver les fonds, ils condamneront leurs pays et leurs peuples à rester dans le sous-développement".

Dans le même sens, le Pr Bretaudeau souligne que "pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et industrielle tout en améliorant les infrastructures de base: écoles, hôpitaux, routes, barrages d’eau, aéroports, ports, réseaux de production et de distribution d’eau potable […], les pays africains ont besoin de beaucoup d’énergie et de plus en plus dense, faute de quoi aucun de ces objectifs ne serait atteint. Et dans ce cas, l’Afrique demeurera encore pour longtemps le continent où l’indice de développement humain restera le plus faible".
Dans cette édition vous écouterez également :
1.- Assane Magatte Seye, avocat malien, membre du Think Tank Union nationale pour l’initiative et la réflexion. Il commentera l’arrivée en Somalie de la première partie de l’aide humanitaire, soit 25.000 tonnes de blé, promise aux pays africains par Vladimir Poutine.
2.- Brahim Takharoubt, rédacteur en chef du quotidien algérien L’Expression. Il s’exprimera sur les enjeux de la réunion de la session extraordinaire du Comité d'État-Major Opérationnel Conjoint (CEMOC) regroupant le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, qui s’est tenue à Alger.
► Vous pouvez écouter ce podcast aussi sur les plateformes suivantes : Apple PodcastsDeezerGoogle PodcastsCastboxAfripodsPodcast Addict
Discuter