Donbass. Opération russe

Voici pourquoi le matériel de l’Otan n’est pas conçu pour combattre la Russie

Le déroulement insoupçonné du conflit en Ukraine remet en question la faisabilité de certains concepts fondamentaux de la doctrine militaire américaine, selon le Wall Street Journal.
Sputnik
L'époque des assauts blindés massifs, sur plusieurs kilomètres de terrain à la fois, comme les États-Unis l’avaient fait en 2003 en Irak, est révolue parce que les drones sont devenus davantage efficaces, estime le Wall Street Journal.
Cette affirmation a été formulée par un fournisseur ukrainien de drones, qui estime que les techniques de guerre occidentales sont dépassées.
Certaines des armes lourdes modernes occidentales ne sont pas adaptées au conflit ukrainien parce que leur conception a été façonnée par des décennies de combats impliquant des opposants beaucoup plus faibles, indique le journal.

"Une grande partie des blindés occidentaux ne fonctionnent pas ici parce qu’ils ont été créés non pas pour une guerre totale, mais pour des conflits de faible ou moyenne intensité", a déclaré au média Taras Chmut, fournisseur de drones ukrainien.

"Si vous le lancez dans une offensive de masse, cela ne fonctionnera tout simplement pas."

Les drones modifient la vision de la guerre

Selon le WSJ, les drones ont désormais la précision et la vitesse nécessaires pour rattraper n’importe quel véhicule blindé en mouvement et, s’ils sont pilotés de manière experte, ils peuvent neutraliser même les chars et les obusiers les plus modernes.
Leur faible coût signifie également qu’ils peuvent être utilisés contre n’importe quelle cible opportune, y compris les voitures et les petits groupes de soldats, vidant les routes à plusieurs kilomètres de la ligne de front.
La prévalence des drones bon marché en Ukraine a tellement affecté le déroulement des combats que les approches promues par l’Otan ne peuvent tout simplement pas fonctionner là-bas.
Les États-Unis et leurs alliés ont formé des dizaines de milliers de soldats ukrainiens au fil des ans. Cet été, ils s’attendaient à ce que les Ukrainiens mettent à profit leurs compétences et leurs armes occidentales pour percer les lignes défensives russes au sud de la ligne de front.
Le type de manœuvres interarmes préconisé par Washington "pourrait ne plus être possible en principe", signale le WSJ. Les drones détectent rapidement toute force importante et déclenchent le feu. Et les variantes kamikazes sont capables d’anéantir des systèmes d’armes beaucoup plus coûteux.

Les manuels de l’Otan ne s’appliquent pas

"Je leur ai répété à plusieurs reprises que les manuels de l’Otan ne s’appliquaient pas à l’Ukraine", a déclaré un soldat à propos de sa formation en Angleterre.
"Nos soldats sont plus expérimentés que ceux qui sont censés les former. Beaucoup d’entre eux se battent depuis dix ans", a renchéri un autre.
Les planificateurs militaires occidentaux en prennent note.
"Nous avons beaucoup de leçons à tirer", affirme le général de division Christian Freuding, chef des opérations en Ukraine au ministère allemand de la Défense.
En ce qui concerne les chars, en particulier, la leçon de la guerre en Ukraine est que les combats entre tanks sont devenus rares, ce qui signifie que la sophistication relative de ces engins n’est plus aussi importante.
Selon les autorités ukrainiennes, moins de 5% des chars détruits depuis le début de la guerre ont été touchés par d'autres chars, le reste ayant succombé aux mines, à l'artillerie, aux missiles antichars et aux drones.
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