Afrique en marche

Afrique vs attaques médiatiques: contrer la désinformation et mettre au centre l'homme africain

Ce 28 septembre, à l’occasion de la Journée internationale de l'accès universel à l'information, L’Afrique en marche reçoit deux experts: Ryma Rouibi et Blaise Pascal Andzongo Menyeng, d’Algérie et du Cameroun respectivement, pour parler des dangers de la désinformation en Afrique. Pour eux une révolution des moyens et des esprits est nécessaire.
Sputnik
"L’émergence depuis des décennies des fake news et de la désinformation de masse et leur diffusion ont mis à nu le niveau de la réflexion humaine qui demeure en crise dans la mesure où l’on croit à tout ce qui est diffusé sur la Toile, y compris par des gens n’ayant ni la compétence ni la probité éthique de diffuser de l’information", affirme à Radio Sputnik Afrique, Ryma Rouibi, enseignante-chercheuse à l’École nationale supérieure de journalisme et des sciences de l'information d'Alger.
Et de poursuivre que "ce phénomène, notamment dans l’actuel contexte géopolitique mondial et de l’intégration de plus en plus grande de l’Intelligence artificielle comme instrument de diffusion de fake news, menace la vie quotidienne dans toutes ses dimensions. Le secteur de la santé publique fut un cas édifiant avec la pandémie de Covid-19. La sécurité nationale également. Ceci a été très clair dans les cas de guerres lancées sous des prétextes fallacieux, comme en Irak, en Libye, en Syrie et en ex-Yougoslavie. Mais également lors du sabotage des gazoducs Nord Stream I et II".
Selon les États-Unis, "il faut impérativement avoir une seule opinion qui doit être adéquate à la politique américaine", rappelle Mme Rouibi. "L'Afrique aujourd'hui doit se libérer de cette doctrine occidentale et avoir ses normes démocratiques qui mettent au centre l'homme africain, avec ses valeurs, avec ses aspirations", insiste-t-elle.
De son côté, Blaise Pascal Andzongo Menyeng, spécialiste en psychologie sociale et de l’information à l’université de Yaoundé, également président de l’ONG Eduk-Médias au Cameroun, estime qu’"actuellement, les États africains, notamment les institutions chargées de la formation et de la diffusion des informations ont une lourde responsabilité dans la mise en place des moyens humains et technologiques à même de permettre aussi bien aux journalistes qu’aux citoyens d’être les premiers remparts contre la désinformation".
Et d’ajouter qu’"en Afrique nous avons besoin d’une véritable révolution des esprits et d’une éducation aux médias performante et hautement efficace capable d’émanciper les générations à venir de l’emprise des dangers de la désinformation. Une des voies du salut est, à titre d’exemple, d’introduire cette discipline dans les programmes scolaires et dans la culture citoyenne et de renouer ainsi avec l’éthique journalistique. Nous avons besoin de renouer avec les aspects nobles qui caractérisent le métier journalistique et garantir la disponibilité et la véracité de l’information comme un droit humain inaliénable mais responsable".
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