Inondations en Libye: Roscosmos publie des images stupéfiantes – photos

Deux semaines après les inondations en Libye, l’agence spatiale russe Roscosmos a publié des photos de l’avancée des eaux, vue depuis l’espace. Sur place, les secours sont toujours à pied d’œuvre alors que le spectre d’une épidémie plane.
Sputnik
Un désastre vu du ciel. Alors que la Libye s’active pour déblayer les zones sinistrées par le passage de la tempête Daniel, certaines images apparaissent et permettent de mesurer l’ampleur des dégâts. L’agence spatiale russe Roscosmos a ainsi publié deux photos prises depuis la Station spatiale internationale (ISS), qui dépeignent la situation à Derna.
La ville a en effet été noyée sous les eaux après que la tempête a entraîné la rupture des deux barrages, en amont de la cité. La coulée laissée par la rupture de ces structures, qui a coupé la ville en deux, est d’ailleurs visible sur les photos de Roscosmos.
"Le 10 septembre, la tempête Daniel a frappé la côte est de la Libye et de fortes averses ont inondé la ville de Derna. Plus des trois quarts des précipitations annuelles sont tombées... Les inondations dans cette région aride sont extrêmement rares. Selon les experts, de telles averses se produisent une fois tous les 100 ans. Voici des images partagées par notre cosmonaute Konstantin Borissov", a indiqué l’agence spatiale russe sur sa chaîne Telegram.

Querelle de chiffres et épidémie

D’importantes inondations avaient touché la Libye début septembre, dans le sillage de la tempête Daniel. Les villes de Bayda et Derna avaient en particulier été sinistrées. Le bilan de la catastrophe a dépassé les 11.000 morts, selon l’Onu, chiffre cependant démenti par le Croissant- Rouge. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour sa part affirmé que les corps de 3.958 personnes avaient été retrouvés et identifiés. Plus de 30.000 personnes ont en outre dû être déplacées à Derna.
Des équipes russes et égyptiennes étaient venues épauler les secours libyens ces deniers jours, dans la recherche de survivants. Mais les autorités craignent désormais que des épidémies ne se déclarent dans certaines localités inondées, en particulier à Derna.
"Des milliers de personnes n’ont nulle part où dormir et n’ont pas de nourriture. Dans de telles conditions, les maladies peuvent se propager rapidement à mesure que les systèmes d'eau sont contaminés […] Toute la ville sent la mort", a ainsi déclaré dans un communiqué, Salah Aboulgasem directeur adjoint de l’ONG Islamic Relief.
Certains observateurs craignent par ailleurs que certains sites historiques ne s’effondrent. Les vestiges de l’antique ville grecque de Cyrène ont notamment été fragilisés par les eaux.
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