La RDC réclame le retrait accéléré des soldats de l'Onu

Le Président de la République démocratique du Congo (RDC) a demandé aux soldats de maintien de la paix de l'Onu d’acter leur retrait progressif du pays à partir de la fin de l’année. À la tribune de l’Assemblée générale de l’organisation, Félix Tshisekedi a pointé du doigt leur incapacité à s’opposer aux rébellions et conflits armés dans le pays.
Sputnik
Suite à son échec, la mission de maintien de la paix des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco) est conviée à quitter au fur et à mesure le pays. Cette demande a été faite par le Président du pays, Félix Tshisekedi, lors du débat politique général de la 78e session de l'Assemblée générale de l’Onu.
"Malheureusement, les missions de maintien de la paix déployées depuis 25 ans n'ont pas réussi à faire face aux insurrections et aux conflits armés […], ni à protéger la population civile. Il est illusoire et contre-productif de maintenir la Monusco au nom de la restauration et de la stabilisation de la paix", a-t-il indiqué.
Actuellement, il est temps pour la RDC "de prendre pleinement son destin en main et de devenir le principal acteur de sa stabilité", a prôné Félix Tshisekedi.
"Le retrait progressif de la Monusco est une étape nécessaire pour consolider les progrès que nous avons déjà réalisés", poursuit-il.
Les Casques bleus devraient commencer à quitter le territoire de la république à partir de décembre 2023 au lieu de décembre 2024, comme prévu initialement, a estimé le chef d’État.

Le silence du CS face aux crimes de guerre

En plus de cela, M.Tshisekedi a fustigé "le silence total" du Conseil de sécurité de l’Onu face aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité, ainsi qu’aux violations des droits de l’homme sur le territoire congolais.
Une dénonciation qu’il répète depuis début septembre. Le dirigeant congolais avait alors adressé un courrier au président du Conseil de sécurité, demandant de punir tous les auteurs, co-auteurs et complices de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ainsi que de violations graves des droits de l’homme, du droit international et de la Charte des Nations unies sur le territoire congolais.

La mission onusienne en RDC

La Mission de stabilisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco) a remplacé la précédente opération des Nations unies dans la région en 2010, a expliqué un média.
Les Casques bleus étaient censés contribuer à améliorer la sécurité dans l'est du pays, où des groupes armés se disputent le territoire et les ressources depuis des années.
Récemment, cependant, la présence d'un contingent de soldats de maintien de la paix de l'Onu en RDC Congo est devenue de plus en plus impopulaire. La mission a été critiquée pour son incapacité à protéger les civils.
En août, des manifestations de grande ampleur contre le détachement de l'Onu ont éclaté à Gomo, une ville de RDC. Ces manifestations ont été brutalement réprimées par l'armée et plus de 40 personnes ont été tuées. Une autre manifestation en juillet 2022 dans la même ville a fait plus de 15 morts, dont trois soldats de maintien la paix.
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