Trois pays africains où Starlink est illégal

Bien que le réseau satellitaire Starlink s’implante crescendo en Afrique, la firme du milliardaire américain d’origine sud-africaine est non grata dans plusieurs pays du continent -tels l’Afrique du Sud, le Sénégal et le Zimbabwe- pour des raisons diverses, notamment l’absence de licences de télécommunications, détaille Business Insider Africa.
Sputnik
Les autorités d’Afrique du Sud, du Sénégal et du Zimbabwe ont pris la décision d’interdire l’utilisation du fournisseur de services Internet par satellite Starlink, quoiqu’il se répande ailleurs sur le continent, a relaté le site d’information Business Insider Africa.

Non-respect de la loi locale

L’importation de kits Starlink a été interdite le 14 août 2023 en Afrique du Sud par le régulateur des télécommunications du pays, qui a exigé que le fournisseur d’accès Internet (FAI) local cesse sur toute l’étendue du territoire d’acquérir, de distribuer et de faciliter la vente de tout produit Starlink qui fournirait sous quelque forme que ce soit un accès par satellite aux services Starlink.
L’interdiction est due à une exigence légale, imposée par la loi sur les communications électroniques (ECA) qui stipule que les groupes historiquement défavorisés (HDG: à savoir les jeunes, les femmes et les personnes handicapées) doivent posséder 30% d’une entreprise avant de pouvoir obtenir les licences de télécommunications nécessaires pour exploiter localement un service à large bande.
Starlink, n’ayant pas respecté cette exigence, n’a pas pu obtenir les licences de télécommunications nécessaires pour fonctionner, a souligné Business Insider Africa.

Des options ignorées

Selon Business Insider Africa, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Zimbabwe (POTRAZ) a émis, début septembre, un avertissement aux utilisateurs et aux revendeurs de Starlink, indiquant qu’ils devaient obtenir les licences nécessaires pour opérer légalement.
Le régulateur a proposé deux options: l’entreprise peut soit demander directement une licence, soit collaborer avec un réseau public enregistré dans le pays pour offrir ses services, explique le site Business Insider Africa.
Même les revendeurs locaux doivent obtenir des accords d’opérateur de réseau virtuel (VNO) avec Starlink pour approbation après avoir obtenu une licence locale. À l’heure actuelle, l’utilisation d’équipement de télécommunications sans licence valide est une infraction légale punissable par la loi.

Coupure d’Internet

Au Sénégal, la répression survient une semaine après que le gouvernement a fermé Internet pour la troisième fois en un an. Le gouvernement sénégalais sévit contre ceux qui vendent Starlink dans le pays pour "fourniture illégale d’accès à Internet et marketing irrégulier".
Le 7 août, au moins cinq personnes ont été arrêtées pour avoir vendu des terminaux Starlink sans la licence ou l’autorisation requise par le gouvernement sénégalais. Elles risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 60 millions de francs CFA (100.000 dollars).
L’autorité de régulation des télécommunications a également émis un avertissement envers tout fournisseur de services commercialisant Starlink et toute autre société ayant des activités similaires de cesser immédiatement tout service dans tout le pays.
Starlink est un système satellitaire mondial déployé par SpaceX, appartenant au milliardaire américain d’origine sud-africaine Elon Musk, pour fournir un accès Internet haut débit par satellite en des endroits où il n’était pas fiable. Le fournisseur de services Internet par satellite de nouvelle génération a fait ses débuts au Nigeria en janvier 2023.
Actuellement, Starlink est présent dans plusieurs pays du continent, dont l’Angola, le Mozambique, le Rwanda, Maurice et la Sierra Leone. Dans 19 autres pays africains, le lancement est prévu en 2023 et 2024.
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