Sommet Russie-Afrique 2023

Si l'Afrique reste "sous ce carcan du franc CFA", elle ne pourra jamais se développer

La libération du franc CFA et le retour vers un partenariat avec la Russie sont des atouts qui assureront une souveraineté économique et monétaire des pays africains où le franc CFA représentant un "joug colonial", continue de circuler, a annoncé à Sputnik le président du Parti National Républicain du Tchad.
Sputnik
Le franc CFA reste aujourd’hui un "joug" de néo-colonialisme qui, pendant pratiquement plus de 60 ans, a sapé le développement de la région et a "joué dans le cadre de l'enfoncement plutôt de l'économie", a affirmé à Sputnik Mahamat Adoum, président du Parti National Républicain du Tchad, en marge du 2e Sommet Russie-Afrique.
"Si vous voulez qu'on se développe et qu'on va rester toujours sous ce carcan du franc CFA, on ne pourra jamais se développer […]. On veut plutôt vivre, on veut se libérer de ce joug colonial qui continue avec une nouvelle forme de néo-colonialisme", a-t-il martelé.
Selon Mahamat Adoum, le temps est arrivé pour le peuple de "prendre ses responsabilités" et d’exprimer à tout le monde "de manière beaucoup plus encore démocratique" son vœu de s’affranchir du franc CFA. Selon lui, cette libération s’avère une condition préalable nécessaire pour assurer le développement économique et la souveraineté monétaire du pays.
"On ne pourra jamais se développer tant que cette souveraineté économique et monétaire n'est pas plutôt privilégiée d'avance", a-t-il affirmé.
Pour l’homme politique tchadien, dans les nouvelles conditions d’un monde multipolaire qui se profile dans le contexte politique actuel, le peuple "a une nouvelle aspiration" au-delà des dirigeants politiques et exige "un pas en avant pour pouvoir s’égaler aux autres peuples qui sont en train de vivre".
Quelques jours avant, le problème du franc CFA pour les pays africains a été abordé dans un entretien avec Kémi Séba, chef de l’ONG Urgences panafricanistes, lors de son interview à Sputnik en marge du Sommet Russie-Afrique. Pour le militant anticolonialiste, le franc CFA "est un cancer" qui "anéantit tout processus de compétitivité". Adossé à l’euro qui est une monnaie trop forte pour les économies locales, le franc CFA se trouve "en décalage avec la réalité économique de nos pays", selon Kémi Séba.

Un partenariat "gagnant-gagnant" avec Moscou

De l’autre côté, il y a des partenariats qui "n'avaient pas fait leur chemin" dans le passé, mais qui sont aujourd’hui une opportunité "sur laquelle on veut plutôt s'attarder". Tel est le cas de la Russie qui "non seulement nous tend les moyens, mais nous offre aussi le développement", a souligné M.Adoum.
"La Fédération de Russie a pratiquement offert à l'Afrique des voies et moyens pour un développement et un décollage pratiquement économique de l'Afrique", a avoué Mahamat Adoum citant à titre d’exemple des projets conjoints dans l’industrie pétrolière qui vont s’installer au Tchad avec la contribution de Moscou.
Selon le parlementaire, outre le pétrole qui est "la mamelle de l'économie aujourd'hui", le Tchad a bien d’autres secteurs "plus importants" qui restent malheureusement "dans le cadre informel".
Il s’agit notamment de l’élevage, avec un cheptel de plus de 15 à 20 millions des têtes de bétail dont les chameaux et les vaches, a continué Mahamat Adoum.
Il a noté qu’au-delà du pétrole et de la viande, le Tchad regorge d'uranium qui n’a été jamais encore touché, ainsi que de l'or. Toutefois, pour le politicien, sans l’autonomie financière et économique, on ne pourra prétendre à faire un développement tous azimuts.
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