"Lobby pour imposer un produit français": Alger bataille contre le manque d’anesthésiants dentaires

L’Algérie se débat avec une pénurie d’anesthésiants dentaires à cause de lobbies pro-français qui souhaitent imposer un produit hors de prix, a affirmé le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun.
Sputnik
L’Algérie sur les dents. Alors que ce pays du Maghreb connaît des tensions autour des anesthésiants dentaires, les autorités pointent du doigt certains lobbies. Des groupes de pression travaillent en effet pour imposer dans le paysage un produit français, a déclaré Ali Aoun, ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique.
Le responsable a démenti les rumeurs parlant de ruptures de stock, expliquant que le problème ne résidait pas dans l’approvisionnement, mais dans des activités de lobbying.
"L’anesthésiant existe, mais certains lobbies veulent de l’anesthésiant dentaire français qui coûte 3 fois le prix de l’anesthésiant que l’on a ici. Je dis non et je n’abdique pas. Ce n’est pas un problème de facturation, c’est un problème de lobbying", a ainsi déclaré Ali Aoun lors d’un déplacement dans la wilaya de Bouira.
Le ministre a par ailleurs déclaré que le sujet avait été monté en épingle, alors que la situation s’est stabilisée sur l’approvisionnement d’autres médicaments. Le pays avait en effet connu des perturbations sur certains produits, comme les anticancéreux, fin 2022.
"C’est incroyable dans ce pays. On ne parle plus des médicaments dont la situation s’est stabilisée, on a trouvé l’anesthésiant dentaire sur lequel on fait un tollé. Le produit existe", a ainsi déploré Ali Aoun.
En avril, le ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique avait annoncé que 250.000 boîtes d’anesthésiants dentaires seraient bientôt injectées sur le marché.

Investissements et exportations

Longtemps dépendante des importations pour certains médicaments, l’Algérie fait le pari d’investir dans le secteur pharmaceutique depuis plusieurs années. Le pays est devenu l’un des principaux acteurs d’Afrique en la matière, produisant pour plus de 2,5 milliards d’euros de médicaments en 2021. L’industrie couvre désormais 70% des besoins intérieurs en génériques.
"Il faut savoir que l'industrie pharmaceutique est la locomotive de l'industrie en général en Algérie. C'est une industrie qui connaît depuis une vingtaine d'années une croissance à deux chiffres", explique ainsi à Euronews Ayadi El-Ghani, responsable production de Biopharm.
Sur certains produits, le pays est même devenu exportateur. Des discussions pour approvisionner le Qatar avaient d’ailleurs été entamées début janvier. Alger compte aussi coopérer avec Moscou, dans le cadre de l’accord algéro-russe récemment signé. Les anticancéreux, les traitements pour le diabète et les maladies du sang seront au centre de ces projets bilatéraux, comme l’a expliqué à Sputnik Ali Aoun.
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