Table ronde de Sputnik avec des médias africains: "Opportunité pour avoir un nouveau souffle"

Une table ronde sur la coopération médiatique entre la Russie et l'Afrique s'est tenue au Centre de presse multimédia international de Sputnik.
Sputnik
A l’événement ont pris part Victoria Budanova, responsable de Sputnik Afrique, Messaoud Alghem, directeur général adjoint de l'ENTV algérienne, Svyatoslav Shchegolev, responsable de RT Africa, Didier Mbuy, conseiller principal du directeur général de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), Mohamed Fall Oumeir Beye, directeur général de l'Agence mauritanienne d'information (AMI), Vladimir Touloupov, doyen de la faculté de journalisme de l'université d'Etat de Voronej en Russie, docteur Chaouki Aloui, expert principal tunisien en médias,et Mohamed Abdou Mhadjou, directeur général de l'Office de radio et télévision des Comores (ORTC).
La responsable de Sputnik Afrique Victoria Budanova a évoqué plusieurs raisons pour lesquelles une coopération directe entre les médias russes et africains était nécessaire: "Il s'agit avant tout de la lutte contre les fausses informations, ainsi que du problème de la censure occidentale, que de nombreux experts africains qualifient de manifestation du néocolonialisme." En parlant de la censure des médias russes en Occident, l'expert a précisé: "Le vide qui s'est créé dans l'UE après l'interdiction de diffusion de Sputnik et de RT a fait qu'il est devenu impossible de revérifier à 100% les informations qui y sont autorisées. L'inévitable numérisation de l'espace médiatique nécessite également un échange d'expériences."
Messaoud Alghem, directeur général adjoint de l'ENTV a rappelé que l'ENTV comprend aujourd'hui pratiquement neuf chaînes de télévision.
"Cette rencontre est une opportunité pour nous pour avoir un nouveau souffle et accès aux informations supplémentaires.Comme le dit un proverbe bien connu: se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite".
L'expert principal tunisien en médias, docteur Chaouki Aloui a décrit, pour sa part, le contexte géopolitique actuel de la coopération médiatique:
"L'action militaire qui se déroule actuellement en Ukraine pourrait aboutir à concrétiser un nouvel ordre mondial multipolaire. Le multipolarisme est une chance historique pour l'Afrique. Une telle chance n’arrive pas tous les jours. L'Afrique était plutot victime du monde unipolaire."
Svyatoslav Shchegolev, responsable de production du contenu africain à RT, a indiqué, quant à lui, que les médias russes comme RT et Sputnik accordent aux journalistes d’Afrique la possibilité de s'exprimer sur les questions africaines comme ils l'entendent, "en se basant sur les normes de journalisme les plus exigeantes que nous avons l'habitude de pratiquer."
L'expert a souligné qu'il existait un certain nombre de stéréotypes sur le continent: "L'Afrique ne peut pas être perçue comme une sorte de continent homogène. L'Afrique est multiple et diverse, mais en même temps, les pays africains partagent de nombreux intérêts communs et il faut en tenir compte."
Table ronde de Sputnik avec des médias africains
Didier Mbuy, conseiller principal du directeur général de la RTNC, a également abordé le sujet d'un monde multipolaire:
"Il faut connaître l'histoire de notre pays: la République démocratique du Congo était une propriété privée du roi belge. Nous avons également souffert de la guerre froide et d'un monde bipolaire, mais aujourd'hui, le monde est multipolaire. Cela nous permet de coopérer avec d'autres pays, et pas seulement avec l'Occident."
Mohamed Fall Oumeir Beye, directeur général de l'AMI, a exprimé l'espoir de poursuivre la coopération avec les médias russes, notamment pour contrer la propagation de fausses informations:
"Le monde souffre des fakes, le problème est planétaire. L'Agence mauritanienne d'information est engagée dans un programme de formation sur la détection des fake news, mais il faut une coopération multilatérale dans ce domaine et nous comptons sur Sputnik dans ce cadre."
Docteur Vladimir Touloupov, doyen de la faculté de journalisme de l'université d'Etat de Voronej en Russie, a fait remarqué que des étudiants africains faisaient leurs études à l'université depuis 1968 et que de nombreux diplômés de la faculté de journalisme travaillaient dans les médias. L'expert a souligné que les journalistes dans le monde actuel étaient contraints de travailler dans des conditions de post-vérité, lorsque ce sont les impressions qui comptent plutôt que la vérité, et que les émotions prévalent sur les faits dans l'évaluation des événements.
Mohamed Abdou Mhadjou, directeur général de l'ORTC, a conclu que les partenariats entre médias russes et africains étaient nécessaires pour pouvoir relever ensemble les défis mondiaux.
La discussion a marqué la fin du cycle "Nouveaux horizons pour la coopération de la Russie avec les pays du Moyen-Orient et d'Afrique", organisé avec le soutien de la Fondation Gorchakov et du Centre d'assistance à la mise en œuvre de programmes humanitaires et éducatifs.
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