"Les BRICS pèsent déjà plus lourd que le G7" et misent gros à l’horizon de 2030

Les BRICS séduisent de plus en plus les pays émergents qui aspirent à la création d’un ordre mondial multipolaire, explique à Sputnik Anil Sooklal, ambassadeur d'Afrique du Sud auprès du groupe.
Sputnik
Les BRICS sont courtisés de toutes parts ces derniers mois, alors que près d’une vingtaine de pays sont tentés par une adhésion. Un intérêt qui s’explique par le positionnement du groupe, que de nombreux États du Sud considèrent comme un champion du monde multipolaire, comme l’explique à Sputnik Anil Sooklal, ambassadeur d'Afrique du Sud auprès du groupe.
Alors que le conflit ukrainien rebat les cartes géopolitiques, ces pays émergents espèrent que les BRICS pourront les aider à protéger leur souveraineté contre les ingérences du Nord global. Le groupe des cinq (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) rencontre ainsi leur aspiration à une architecture politique, financière et commerciale mondiale plus juste, explique le responsable.
"Les pays du Sud global ne sont pas traités d'égal à égal par les pays du Nord global, qui veulent continuer à dominer et asseoir leur hégémonie mondiale. Ces pays du Sud global veulent exercer leur indépendance, leur souveraineté. Ils voient les BRICS comme étant le forum le plus réceptif, le plus aligné sur leurs aspirations à créer une communauté mondiale plus équitable, inclusive et juste", déclare-t-il.

Plus gros que le G7

Cet engouement pour les BRICS s’explique aussi par le poids qu’a pris le groupe ces dernières années. Il "pèse déjà plus lourd que le G7" selon certaines variables et la tendance devrait aller en s’accentuant, prédit Anil Sooklal.
"En termes de PIB à parité de pouvoir d'achat, les BRICS pèsent maintenant plus lourd que le G7. Ils représentent 31,5% et le G7 30% […]. Il est prévu que d'ici 2030, les BRICS représenteront 50% du PIB mondial. Ainsi, une adhésion élargie augmentera également l'empreinte économique mondiale des BRICS", explique-t-il ainsi.
D’autant que les BRICS peuvent aussi compter sur leur Nouvelle Banque de développement, établissement bancaire destiné à faire contrepoids au FMI et à la Banque mondiale. C’est aussi un moyen d’acter une première forme d’expansion, avant peut-être de nouvelles adhésions au groupe lui-même, souligne l’ambassadeur sud-américain.
"Ce qui nous occupe en ce moment, c'est d'élaborer les modalités d'expansion. Admettons-nous de nouveaux pays comme membres à part entière ou créons-nous des pays partenaires ou d'autres catégories? Par le biais de la Nouvelle Banque de développement, nous avons déjà admis de nouveaux partenaires: l'Uruguay, les Émirats arabes unis, l'Égypte et le Bangladesh. Ainsi, l'expansion de l'institution financière des BRICS a déjà eu lieu", déclare-t-il.
Parmi les principales visées des BRICS, la dédollarisation a souvent été évoquée ces derniers mois. Le groupe souhaiterait ainsi qu’une nouvelle monnaie de réserve mondiale émerge, un processus qui passerait peut-être d’abord par un panier de devises des cinq États. L’idée de créer un système de paiement bancaire alternatif à SWIFT a aussi été évoquée par certains.
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