Moscou dénonce l’inaction de l’Onu pour reprendre le transit de l’ammoniac russe via l’Ukraine

Le transit d’ammoniac russe destiné à l’exportation, notamment vers des pays en voie de développement, est suspendu depuis bientôt deux ans à cause de Kiev. La diplomatie russe accuse l’Onu de ne faire aucun effort pour le relancer. D’autant plus que cette reprise aurait dû intervenir parallèlement aux livraisons de céréales.
Sputnik
Le transport d’ammoniac, substance utilisée dans la production d'engrais, devait reprendre il y a longtemps entre la Russie et l’Ukraine, mais l’Onu reste inactive, a indiqué ce 21 janvier le ministère russe des Affaires étrangères.
Moscou a rappelé que ce plan aurait dû être réalisé dans le cadre de l’accord céréalier, ce qui n’est toujours pas le cas.
"Même si ce transit d’engrais, dont l’ammoniac, aurait dû reprendre parallèlement au transport des denrées alimentaires ukrainiennes, le document [le communiqué de l’Onu qui date du 18 janvier] évoque vaguement la tenue de discussions entre certaines parties visant à atteindre un accord… Les membres de l’Onu, qui appellent activement à renforcer les exportations céréalières, ne font rien à ce sujet", a tranché la diplomatie russe dans un communiqué.

Aucun obstacle à la reprise

Maintes fois, la Russie a déjà fait part de sa position à ce sujet auprès de l’Onu. Selon elle, le transit, qui tarde tant, ne nécessite aucun accord supplémentaire:
"On a toutes les capacités techniques pour relancer cette conduite. Les compagnies qui la desservent sont prêtes. Seulement l’accord de Kiev manque. Il [Kiev] bloque les exportations de cette matière brut pour [produire] des engrais qui suffiraient pour fournir de la nourriture à 200 millions de personnes. Il invoque toute une gamme de conditions politiques, allant notamment de la libération de prisonniers de guerre jusqu’à la vente de produits volés", a ajouté le ministère russe.
Longue de plus de 2.400 kilomètres, cette conduite relaie la ville russe de Togliatti à Odessa, située sur le littoral de la mer Noire. Les exportations russes d'ammoniac via ce pipeline vers un port de la mer Noire en Ukraine ont été interrompues fin février 2022.
En décembre, une source officielle a déclaré à Sputnik que l’Ukraine avait préparé une fomentation pour capoter la reprise du transit. Plusieurs explosions auraient dû endommager les installations de stockage d'ammoniac d'une usine d'Odessa.
Par conséquent, l’Ukraine aurait pu présenter les faits comme une prétendue 'destruction' d'une 'frappe de missile' des forces armées russes".
Hormis ce cas-là, le ministère russe a également nié les chiffres onusiens sur des bateaux chargés de céréales en attente de départ sur la mer Noire. Enfin, Moscou a détaillé la répartition mondiale des marchandises expédiées venant des ports ukrainiens. Seuls 3% ont été livrées aux pays dans le besoin dont la Somalie, l’Éthiopie, le Yémen, le Soudan, l’Afghanistan et Djibouti.
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