Le chef des instructeurs russes épingle un rapport du renseignement finlandais sur l’Afrique

Dans son rapport publié jeudi, le renseignement militaire finlandais a fait état de l’essor de l’influence russe en Afrique. Le chef des instructeurs militaires russes a appelé à son tour Helsinki à "ouvrir les yeux sur la politique hypocrite" de l'Occident.
Sputnik
Alexandre Ivanov, dirigeant de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale (COSI), a qualifié de "superficiel et déséquilibré" le rapport du renseignement militaire finlandais. Ce dernier se dit préoccupé par l’influence russe accrue en Afrique.
"En Afrique, les efforts russes visant à étendre leur influence sous le couvert de sociétés militaires privées méritent attention. Cela a aggravé la confrontation entre les organes de pouvoir locaux et les sujets internationaux et a notamment conduit à l’évacuation des troupes françaises du Mali", indique le rapport publié jeudi 19 janvier.
Le chef de la COSI a pris connaissance des grandes lignes de ce rapport. Notamment, il a jugé superficielle l’idée qu’un plus grand poids de la Russie sur le continent noir conduise à l’évincement des pays occidentaux, comme cela a eu lieu au Mali.

Résultat d’une politique égoïste

Selon M.Ivanov, le départ de certains pays occidentaux n’est pas une conséquence de la présence en Afrique de la Russie et de sociétés russes.
"Leur départ est le résultat d’anciennes approches égoïstes occidentales de la coopération avec les pays africains. Ils ne considèrent pas comme des partenaires égaux des pays tels que la Centrafrique, le Mali, le Zimbabwe, le Mozambique ou l’Angola. Ils les considèrent comme des objets qu’ils peuvent manipuler à leur guise."
Toujours selon M.Ivanov, à en juger d’après le rapport finlandais, les Occidentaux transmettent en sourdine à la Russie une proposition des diplomates américains: "laissez-nous l’Afrique et nous cesserons de soutenir Kiev."

Ce ne sont pas des points sur la carte

"Ils ne veulent pas comprendre que ce [les pays africains, ndlr] ne sont pas des points sur la carte, mais des millions de destins humains qu’on n’échange pas", déplore le chef de la COSI.
Et de conclure: "J’appelle une nouvelle fois la communauté internationale, les dirigeants finlandais compris, à ouvrir les yeux sur la politique hypocrite de la France et des États-Unis qui parlent de l’égalité et des droits de l’homme et, dans le même temps, font chanter et font le commerce de pays entiers dans leurs intérêts."

Départ du Mali et de la Centrafrique

En ce qui concerne le Mali, les derniers soldats français ont quitté le pays l’an dernier sur ordre des autorités maliennes qui ont demandé leur départ définitif. Le régime malien de transition a accusé la France de soutenir les terroristes. Pour sa part, la Russie, préoccupée par les attaques dans le pays, a promis de toujours accorder son assistance aux autorités légitimes du pays.
En Centrafrique, la dernière base française a été fermée en décembre dernier.
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