La carotte et le bâton: Washington exclut le Burkina Faso du programme AGOA

Les États-Unis continuent de manier le martinet en Afrique et viennent d’exclure le Burkina Faso de l'AGOA, leur programme économique sur le continent.
Sputnik
Washington tient la banque. Si les États-Unis clament vouloir aider l’Afrique à travers différents programmes d’aides économiques, il faut évidemment jouer selon leurs règles du jeu. Le Burkina Faso vient d’en faire l’amer expérience, en se faisant exclure de l’African Growth Opportunities Act (AGOA).
L’accord commercial vise à favoriser l’accès des économies africaines au marché américain, mais il est soumis au bon vouloir de Washington. Les États-Unis en ont déjà exclu le Mali, l’Éthiopie et la Guinée.
Le Burkina Faso risquait d’être le prochain sur la liste, la Maison-Blanche lui reprochant de ne pas avoir fait assez de "progrès continus en vue d’établir le respect de l’État de droit et du pluralisme politique", comme l’expliquait une lettre de Joe Biden adressée au Congrès en novembre. L’exclusion est finalement entrée en vigueur ce 1er janvier.

Pas un désastre mais un symbole

Cette décision ne pèsera pas beaucoup sur l’économie du Burkina Faso, les exportations vers les États-Unis ne représentant que quelques millions d’euros par an. Même sans facilités douanières, Ouagadougou peut, d’ailleurs, toujours commercer avec le pays de l’Oncle Sam.
Reste que cette exclusion en dit long sur la position de Washington, qui ne supporte pas qu’un pays africain sorte des clous. La politique du martinet et des sanctions est d’ailleurs en train de devenir un classique américain en Afrique, comme le rappelait récemment à Sputnik la journaliste américano-éthiopienne Hermela Aregawi.
"Lorsque que j’étais petite, certaines personnes pensaient que l'Afrique était un seul pays. C’est un peu l’approche américaine […] Les États-Unis pourraient faire des choses vraiment tangibles […] en commençant par ne pas sanctionner tout le monde. Un tiers du continent est sous sanctions", expliquait-elle ainsi.
Certains observateurs reprochent également aux États-Unis de se servir de l’AGOA pour entraver la création d’un véritable marché unique africain. Les pays de ce continent se feraient ainsi concurrence pour accéder au marché américain, plutôt que de collaborer pour mettre en place un système commun.
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