Où les objectifs américains et ukrainiens se heurtent?

L’obstination de Kiev à poursuivre le conflit avec la Russie finira par mettre en péril les intérêts vitaux des États-Unis, estime le commentateur politique Patrick Buchanan. L’essentiel pour les États-Unis consiste selon lui à n’est pas être entraînés dans une guerre avec la Russie et n’est pas de savoir qui contrôlera la Crimée et le Donbass.
Sputnik
Les intérêts vitaux de Washington et de Kiev ne coïncident plus à cause de la volonté de ce dernier de poursuivre le conflit avec la Russie, signale l’ex-conseiller politique de trois Présidents américains et commentateur politique Patrick Buchanan.
Selon lui, Volodymyr Zelensky et l’Ukraine souhaitent à tout prix récupérer le contrôle de la Crimée et du Donbass, le contrôle qui, dans l’histoire des relations américano-russes, n’a jamais été un problème pour justifier une guerre entre les États-Unis et la Russie.
"L’Amérique n’a jamais eu intérêt vital à savoir qui gouverne à Kiev."
Il rappelle qu’au 19ème et presque tout le 20ème siècle, l'Ukraine faisait partie de l'Empire russe ou de l'URSS, gouvernée depuis Moscou ce qui ne présentait aucune préoccupation pour les États-Unis, à 8.000 kilomètres de là.

"Pour nous, la préoccupation cruciale dans cette guerre entre l'Ukraine et la Russie n'est pas de savoir qui finira par contrôler la Crimée et le Donbass, mais que les États-Unis ne soient pas entraînés dans une guerre avec la Russie qui pourrait dégénérer en une guerre mondiale et une guerre nucléaire. C'est l'intérêt primordial de l'Amérique dans cette crise", affirme le commentateur.

Rien ne justifierait une guerre totale

Selon lui, rien en Europe de l'Est ne justifierait une guerre totale des États-Unis contre la Russie.
"En bref, notre intérêt vital - éviter une guerre des États-Unis avec une Russie dotée de l'arme nucléaire - pourrait bientôt entrer en conflit avec les objectifs de guerre stratégiques de l'Ukraine - c'est-à-dire la récupération complète de la Crimée et du Donbass", résume-t-il.
Il n’empêche que les États-Unis et leurs alliés dans le cadre de l’Otan continuent de livrer des armes à l’Ukraine. Joe Biden a signé une loi de prêt-bail qui débloque des dizaines de milliards de dollars d’aide militaire à Kiev. L’Occident a déjà livré pour 42,3 milliards de dollars d’aide militaire à l’Ukraine. Plus de la moitié (28,3 milliards) revient aux États-Unis.
Moscou a déclaré à maintes reprises que les fournitures d’armes occidentales ne faisaient que pérenniser le conflit et que les convois d’armes devenaient une cible légitime de l’armée russe.
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