L’Occident utilise les institutions de l’Onu pour promouvoir ses intérêts, dit un ex-expert de l’Onu

Censées défendre la sécurité mondiale, les institutions des Nations unies jouent sous la houlette de l’Occident et ne défendent que leurs intérêts, explique auprès de Sputnik un ancien expert de l’Onu. Exerçant la politique des doubles standards, ces pays ont perpétré des agressions en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie.
Sputnik
L’Occident s’est toujours servi des institutions des Nations unies pour promouvoir ses propres intérêts, au détriment de la sécurité mondiale, a déclaré à Sputnik Alfred de Zayas, ancien expert suisse des Nations unies.
"L'instrumentalisation des institutions de l'Onu pour faire avancer les intérêts géopolitiques des États-Unis et de l'Otan a détruit la confiance que beaucoup avaient dans les Nations unies. Il est devenu tout à fait évident que l'Assemblée générale des Nations unies et le Conseil des droits de l'homme des Nations unies sont largement au service de Washington et de Bruxelles", estime ce professeur de droit international à Genève et ancien expert indépendant des Nations unies (2012-2018).

Deux poids, deux mesures

Faute d’impartialité, ces institutions sapent les principes des droits de l’homme, agissant sous l’autorité des États-Unis:
"En effet, lorsque des organisations telles que le Conseil des droits de l'homme, la Cour pénale internationale, l'Organisation pour l'interdiction des produits chimiques trahissent le principe fondamental d'objectivité et d'impartialité, elles perdent leur autorité et leur crédibilité".
"Lorsqu'elles appliquent deux poids, deux mesures et trahissent leurs mandats, elles justifient le cynisme et portent un préjudice considérable au droit universel à la vérité, à la nécessité de promouvoir la paix et la réconciliation. C'est un fait qu'une industrie des droits de l'homme a émergé, largement financée par les pays néolibéraux, qui avancent un discours mensonger sur les droits de l'homme", poursuit-il.
Et d’ajouter que "les grands médias sont complices de la désinformation systématique et du lavage de cerveau, qui prévalent dans de nombreux pays et même parmi les membres du secrétariat de l'Onu".

Des violations de la Charte de l’Onu par les USA

Le spécialiste est aussi revenu sur les cas où Washington a eu recours à son droit de veto au sein du Conseil de sécurité pour réaliser sa politique des doubles standards:
"Il est bizarre que le Président Biden se plaigne de l'utilisation du droit de veto par la Russie et la Chine, alors que les États-Unis ont abusé du pouvoir de veto dans plus de 80 cas, principalement pour défendre l'indéfendable, pour protéger Israël des critiques à cause des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et l'apartheid commis contre le peuple palestinien. Les doubles standards utilisés par les États-Unis dans toutes les institutions des Nations unies sont à couper le souffle".
Il a aussi rappelé que cette politique des doubles standards a été exercée par les États-Unis "dans tous les forums des Nations unies":
"Il est trop évident que les agressions des États-Unis et d'autres pays de l'Otan en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont entraîné de graves violations de la Charte des Nations unies". Et ceci sans qu’ils ne soient jamais condamnés pour ces faits.
En plus de cela, le conflit en Ukraine aurait pu être résolu depuis longtemps par des négociations pacifiques, si les États-Unis et l’Otan avaient respecté la Charte de l’Onu, a souligné Alfred de Zayas. Il a rappelé que ces pays avaient refusé de négocier avec la Russie en décembre 2021 et continuent de livrer des armes létales à l’Ukraine.
Sur fond de conflits, Washington et Paris se sont prononcés pour l’adoption de nouveaux membres au Conseil de sécurité de l’Onu qui compte maintenant cinq pays permanents (États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie et Chine).
Parmi les candidats figurent l'Inde, le Pakistan, l'Indonésie, le Mexique, le Brésil, la Turquie, l'Afrique du Sud, le Nigéria, l'Allemagne et le Japon, a noté M. de Zayas. La réforme du Conseil de sécurité est débattue depuis plus de 40 ans.
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