Crise ukrainienne 2021

Ukraine: "les médias instrumentalisés en permanence" "très souvent avec leur propre complicité"

À Washington, l’avalanche d’annonces alarmistes déferle encore. Passés les 15 et 16 février, c’est désormais peu après le 20 février que les forces russes devraient envahir l’Ukraine, affirme le média Politico.
Sputnik
Et c’est reparti pour un tour! Le 17 février, Joe Biden a estimé "très élevé" le risque d’attaque russe de l’Ukraine. Antony Blinken, son Secrétaire d’État, relayait quelques heures plus tard le même message à l’Onu. Après que des médias US ont parié sur le 16 février, Politico prédit désormais une invasion russe peu après le 20 février. La machine médiatico-politique aux États-Unis "tourne à plein régime" et devient "incontrôlable", relève Sébastien Cochard, ancien diplomate, désormais conseiller d’eurodéputés Identité et Démocratie. "Cela a franchement dérapé en janvier", affirme-t-il.
"Ce qui vient à nos oreilles ne sont jamais des informations fiables et sont toujours des éléments de propagande", soupire Cochard. Car la Russie a annoncé le retrait partiel de ses troupes massées à proximité de la frontière ukrainienne, les exercices militaires étant presque terminés. Et Moscou ne s’est pas privé de moquer les annonces de Washington. Selon Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, "la propagande de guerre occidentale a échoué". Pire, cette agitation servirait de "couverture" à des livraisons "d’armes létales à Kiev", a dénoncé Leonid Sloutski, président du Comité des affaires étrangères de la Douma.
C’est une véritable "guerre de l’information", estime Gérald Olivier, chercheur associé à l’IPSE. "Les médias sont instrumentalisés en permanence", parfois "à leur insu", "très souvent avec leur propre complicité".
"Il y a eu de la part des Américains une volonté délibérée de jouer l’escalade verbale, l’escalade diplomatique, parce qu’elle était tout bénéfice pour eux", considère-t-il.
Les principales victimes de cet emballement médiatique? La population dans le Donbass où la situation s’aggrave d’heure en heure. Depuis le 17 février, les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk accusent l’armée ukrainienne de les bombarder.
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