Berlin envisage de proposer à l’UE d’inclure le Hezbollah libanais sur sa liste des organisations terroristes

Berlin va déployer des efforts «pendant sa prochaine présidence de l’Union européenne» pour inclure le Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes, a confié au Spiegel le sous-secrétaire du ministère de l’Intérieur Hans-Georg Englke.
Sputnik

Inclure le mouvement chiite libanais Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’UE, c’est ce que souhaite proposer l’Allemagne pendant sa prochaine présidence tournante de l’Union européenne, a déclaré jeudi 1er octobre le sous-secrétaire du ministère de l’Intérieur Hans-Georg Englke à l’hebdomadaire Der Spiegel. Le média rappelle que pour l’instant, seule la branche militaire du parti est classée comme organisation terroriste.

«Le Hezbollah est une organisation terroriste», avance le responsable qui annonce que «des efforts seront déployés pendant la présidence allemande de l'Union européenne pour inclure le parti dans son ensemble sur la liste des organisations terroristes».

Israël craint une attaque du Hezbollah durant le Nouvel an hébreu suite au meurtre de l’un de ses cadres
Der Spiegel estime que la France, qui s’est toujours opposée à cette initiative, serait favorable à classer le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’UE. Une idée née, selon le média, après les vives critiques qu’Emmanuel Macron a adressées au parti suite à l’échec de son initiative pour former un nouveau gouvernement libanais sous la direction de Mustafa Adib soutenu par Paris.

En effet, le chef de l’État français avait accusé le Hezbollah et le mouvement également chiite Amal, dirigé par Nabih Berri, d’être responsables de l’échec de l’initiative française.

Hassan Nasrallah répond à Macron

Suite à la démission de Mustafa Adib, Emmanuel Macron avait affirmé que le Hezbollah «ne devrait pas se croire plus fort qu'il ne l'est réellement».

Dans le même sens, le Président français avait souligné que le parti «ne pouvait pas être à la fois une armée combattant Israël, une milice en Syrie et un parti respecté au Liban». «Il doit prouver qu'il respecte tous les Libanais», avait-il ajouté, soutenant que «ces derniers jours, il avait clairement montré le contraire».

Il est «impossible» que le port de Beyrouth ait explosé à cause d’un dépôt d’armes du Hezbollah, affirme Michel Aoun
Lors d’un discours mercredi 30 septembre retransmis par la chaîne Al Manar proche du Hezbollah, le président du mouvement Hassan Nasrallah a réfuté les accusations du chef de l’État français, appelant ce dernier à «chercher la partie qui voulait contrôler le pays et éliminer les forces politiques avec votre couverture».

Évoquant la question de la présence du Hezbollah en Syrie, Nasrallah a assuré que «nous ne sommes pas allés dans ce pays pour combattre des civils». «Nous sommes allés affronter les groupes que vous qualifiez vous-mêmes de terroristes», mettant en lumière que la France était également «en Syrie sous ce prétexte».

Quid du respect des citoyens et des valeurs démocratiques?

En réponse à la question du respect des règles démocratiques au Liban, le chef du Hezbollah a rappelé que son mouvement a toujours tenus ses engagements envers le peuple libanais, lançant à l’adresse de Macron qu’«il y a des pays arabes que vous protégez dans lesquels personne n'ose écrire même un tweet critiquant le roi ou le prince».

«Jérusalem est notre ville», affirme Erdogan qui rappelle la résistance ottomane au sein de la ville sainte
Concernant la responsabilité du Hezbollah et du mouvement Amal dans l’échec de la formation d’un nouveau gouvernement, Hassan Nasrallah considère que «si vous voulez trouver qui en dehors du Liban a fait capoter votre initiative, cherchez du côté des Américains et du roi Salmane d’Arabie saoudite, notamment son dernier discours». «Nous n’acceptons pas que vous nous accusiez d’avoir commis une trahison, et nous rejetons et condamnons ce comportement arrogant», a-t-il ajouté.

En conclusion, Hassan Nasrallah a ponctué que «nous avons salué la visite de Macron et son initiative, mais nous ne l'avons pas accueilli en tant que procureur, enquêteur, juge, émetteur de jugements et dirigeant paternaliste du Liban». «Il n'y a pas de mandat, ni pour le Président français ni pour quiconque d'autre pour être le gardien ou le dirigeant du Liban», a-t-il conclu.
Discuter