«J’ai mal à ma France»: Danièle Obono dénonce l’image de Valeurs actuelles, «insulte à ses ancêtres» et à la République

La députée insoumise, choisie comme protagoniste du dernier roman de fiction de Valeurs actuelles, affirme réfléchir à intenter une action en justice pour cette «souillure qui ne s'effacera pas».
Sputnik

Plongée dans l’esclavage d’un simple geste de plume de Valeurs actuelles, Danièle Obono s’est prononcée sur le dernier épisode de son roman de l’été «Obono l’Africaine» sur BFM TV.

«Cette image, c’est une insulte à mes ancêtres, à ma famille, à mon groupe parlementaire, mon mouvement La France insoumise, mais c’est aussi une insulte, je crois, à la République», a-t-elle affirmé en commentant la publication défendue par le magazine comme n’ayant «rien de raciste».

«Aujourd'hui, j'ai mal à ma République, j'ai mal à ma France», a poursuivi la députée LFI.

Selon elle, les réactions de ses alliés et rivaux politiques montrent «à quel point la ligne a été franchie».

Son voyage imaginé dans le temps à l’époque de l’esclavage africain du XVIIIe siècle et l’image, chaîne en fer autour du cou, «est une souillure qui ne s'effacera pas», selon elle.

La femme politique réfléchit à porter plainte pour cette «injure publique»: «Je suis en train de consulter notre conseil juridique pour voir quelle action est nécessaire», a précisé Mme Obono.

«Objectif idéologique»

«Notre texte n’a rien de raciste»: les excuses de Valeurs actuelles auprès de Danièle Obono
Le directeur de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, Geoffroy Lejeune, s’est excusé sur BFM TV pour cette «blessure personnelle», ajoutant que «cette fiction avait pour objectif l'inverse de ce qui est reproché».

Son «objectif idéologique» était de dépeindre une réalité «choquante» de l’esclavage des Africains exercé contre les autres Africains, ce que beaucoup de gens «ne veulent pas voir», a-t-il expliqué, admettant que lui-même était «dérangé» en lisant cette œuvre.

Accusations réfutées

Danièle Obono a recueilli un vaste soutien de la classe politique dès que l’article est sorti le 27 août. Emmanuel Macron lui a téléphoné pour apporter personnellement son soutien et condamner «toute forme de racisme», avait appris l’AFP auprès de l’Élysée.

Dans un communiqué diffusé par Valeurs actuelles, la rédaction a présenté ses excuses sans pour autant reconnaître la nature raciste du texte. Ce après avoir rejeté sur Twitter toute accusation de racisme et de «harcèlement nauséabond» de la part de la députée et du dirigeant de LFI Jean-Luc Mélenchon.

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