Les CRS ayant frappé des Gilets jaunes dans un Burger King n’ont pas pu être identifiés par l’IGPN - vidéo

La journée «gilets jaunes» du 1er décembre 2018 a notamment été marquée par des accusations de violences commises par des CRS dans un fast-food parisien. L'enquête policière n'a pas permis d'identifier la totalité des policiers impliqués, selon un rapport consulté vendredi par l'AFP.
Sputnik

Le 1er décembre 2018, en fin de journée, une trentaine de manifestants et quelques journalistes trouvent refuge dans un Burger King situé sur l'avenue Wagram, à proximité de l'Arc de Triomphe, au terme d'une journée de mobilisation des Gilets jaunes marquée par de nombreuses violences et affrontements.

​Une douzaine de CRS, arrivés sur place quelques minutes après, pénètrent à leur tour dans l'établissement. A l'intérieur, ils frappent violemment plusieurs manifestants, certains allongés au sol, à l'aide de matraques - une scène filmée par plusieurs journalistes.

​Cette affaire, considérée comme emblématique des dérives observées dans le maintien de l'ordre face au mouvement des «gilets jaunes», avait conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Cette enquête a été confiée fin mai à un juge d'instruction.

L'IGPN classe sans suite la plainte d'un Gilet jaune matraqué au visage à Besançon

Dans son rapport de fin d'enquête préliminaire daté du 16 mai, que l'AFP a pu consulter, l'IGPN reconnaît que des violences «qui ne semblaient pas justifiées» ont été commises dans le cadre de cette intervention, menée par la première section de la 43e compagnie républicaine de sécurité de Chalon-sur-Saône.

L'IGPN cite notamment le cas de Natan A., qui a reçu 27 coups de matraque, portés par six policiers, avant de pouvoir sortir du restaurant.

Mais la police des polices assure ne pas être parvenue à identifier la totalité des fonctionnaires impliqués. Le commandant de la CRS 43, entendu par les enquêteurs, s'est ainsi dit incapable de reconnaître sur les images les membres de son équipe impliqués. Même chose pour un capitaine.

Outre les images de vidéo-surveillance du Burger King, plusieurs vidéos ont pourtant été remises aux enquêteurs, dont une mise en ligne par le site Line Press, une autre par HZ Press et une troisième par franceinfo. Sur certaines de ces images, on distingue le visage de plusieurs policiers.

Pour la cheffe de l’IGPN, il n’y a pas eu de «violences policières»

Dans son rapport, l'IGPN insiste par ailleurs sur le «contexte» général de la manifestation, évoquant un «contexte insurrectionnel de chaos inédit», des actes de «violences extrêmes» à l'encontre des forces de l'ordre et des «agressions coordonnées par des adversaires radicalisés».

Les policiers ont pu «réellement et objectivement penser que les occupants de l'établissement étaient animés d'intentions malveillantes», comme des «dégradations» ou des «vols», estime ainsi le rapport.

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