La Chine travaille déjà sur la 6G sur fond de rivalité avec les USA

La 5G à peine déployée, les travaux de recherche pour la création de la 6G sont déjà en cours en Chine, relatent les médias chinois. Ces préparatifs se déroulent sur fond de pressions exercées par les États-Unis sur l’Europe en vue de fermer l’accès des géants des télécoms chinois au marché des services 5G.
Sputnik

Le ministère chinois des Sciences et Technologies a annoncé avoir mis en place deux équipes en vue d’élaborer la technologie de données cellulaires de 6e génération (6G), qui succédera à la 5G ultra-rapide, a annoncé ce jeudi 7 novembre, une semaine après le lancement officiel de la 5G en Chine, le Quotidien du Peuple.

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Selon le ministère, le premier groupe réunit des agences gouvernementales, alors que l’autre comprend 37 experts issus de plusieurs universités, centres d’études et groupes industriels, qui devraient donner des conseils aux décideurs politiques.

Le vice-ministre des Sciences et Technologies, Wang Xi, a déclaré le 3 novembre que son ministère travaillait sur un plan de développement de la 6G puisque les connaissances mondiales sur la technologie 6G en étaient toujours à «un stade exploratoire» et qu’il n’était «pas encore clair» de savoir comment il fallait procéder pour la mettre en place, d’après les médias.

En septembre, le PDG du groupe chinois Huawei, l'un des leaders de la révolution de la 5G, Ren Zhengfei, avait confirmé que la société avait commencé à travailler sur la 6G «il y a longtemps», mais que la technologie n’était pas pour demain.

La 5G lancée dans plusieurs pays

La Chine, qui a officiellement lancé la 5G le 31 octobre, rivalise avec les États-Unis et la Corée du Sud sur le marché des réseaux 5G qui permettent des débits 50 fois plus rapides que la 4G, et 30 fois plus rapides que la 4G LTE pour les connexions nomades.

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Les trois principaux opérateurs de télécommunications chinois, China Mobile, China Unicom et China Telecom, commercialisent leurs forfaits 5G dans 50 villes, dont Shanghai, Pékin et Shenzhen. Fin septembre, ils disposaient de plus de 80.000 stations de base de 5G et comptent porter ce chiffre à 130.000 d’ici la fin de l’année, selon les médias.

La Corée du Sud propose la technologie 5G depuis le mois d'avril. Les États-Unis ont aussi la 5G dans plusieurs grandes villes.

La 5G chinoise: pressions US et doutes européens

Donald Trump a signé le 15 mai un décret interdisant aux entreprises américaines d'utiliser du matériel de télécommunication fabriqué par des sociétés présentant un risque pour la sécurité nationale. Cela revient à interdire aux groupes américains de faire affaire avec le géant chinois de l’informatique Huawei, considéré comme le leader mondial des équipements 5G.

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Sous la pression de la Maison-Blanche, Google, Microsoft, Intel, ARM, Qualcomm et Broadcom ont refusé de fournir des logiciels, des technologies et des équipements à Huawei.

Les États-Unis tentent également de persuader leurs alliés en Europe de ne pas utiliser l'infrastructure et les équipements de Huawei.

Mais les pays européens dont l’Allemagne, la France, la Hongrie, l’Espagneet la Norvège, se montrent plutôt réticents à répondre à ces demandes.

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