Les forces de l’ordre et les Gilets jaunes «ne sont pas deux bandes rivales», selon Castaner

L’emploi de la force par les policiers et la gendarmerie pendant les manifestations ne devrait pas être perçu comme les actions d’une bande qui en affronte une autre, a estimé Christophe Castaner dans une interview sur BFM TV-RMC.
Sputnik

Lorsqu’il s’agit des violences lors des manifestations, les forces de l’ordre et les personnes venues porter la violence ne peuvent pas être mises sur le même plan, «ce ne sont pas deux bandes rivales», a déclaré mercredi 28 août le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner sur BFM TV-RMC.

«Il ne faut pas comparer les uns aux autres. On n’est pas entre deux bandes qui se sont battues. Il y a d’un côté la police, la gendarmerie, qui est légitime à utiliser la force, et de l’autre il y a des gens qui sont venus porter la violence. Et donc on n’est pas dans un combat de bandes», a insisté le ministre, répondant à la question de savoir s’il y avait effectivement eu des violences irréparables pendant la mobilisation des Gilets jaunes.

«Pas de violences irréparables» chez les Gilets jaunes? Macron interpellé sur ce «pire évité»
Selon BFM TV, 2.448 personnes ont été blessées du côté des manifestants et 1.717 parmi les forces de l’ordre depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes. La police des polices a été saisie de 265 enquêtes judiciaires pour des violences illégitimes présumées, dont 105 ont été transmises au parquet.

Castaner a confirmé ces chiffres:

«Il y a eu des blessés dans les deux camps et je l’ai toujours dit […]. Un blessé […], qui que ce soit, c’est un blessé de trop. Et quelque fois, il y a eu des blessés graves, y compris chez les manifestants. Je n’ai jamais contesté cela».

Dans le même temps, il a précisé qu’il ne mettait «pas au même niveau ceux qui préservent les commerçants, les habitants et les villes de la destruction […] et ceux qui viennent pour casser».

Mort de Steve: la goutte de sang qui fera déborder le vase des violences policières?
Le 26 août, le Président Macron a abordé la question des Gilets jaunes dans une interview sur France 2, assurant que les forces de l'ordre n'avaient pas commis de «violences irréparables» lors de ces mobilisations sociales et qu’il n’y avait pas eu «de mort à déplorer».

En neuf mois de manifestations des Gilets jaunes, le bilan est de 11 morts (la plupart lors d'accidents de la route), selon Libération, et de plus de 4.100 blessés, selon Mediapart (en additionnant manifestants et forces de l'ordre).

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