Maroc: bras de fer des syndicats avec le gouvernement sur l’augmentation des salaires et des allocations familiales

Les syndicats du travail au Maroc exigent du gouvernement la publication du décret relatif à l’application de l’accord social, signé il y a déjà trois mois, portant sur l’augmentation des salaires et des allocations familiales. À défaut, ils menacent de descendre dans la rue.
Sputnik

Au Maroc, trois mois après la signature d’un accord social, les syndicats des travailleurs accusent le gouvernement de ne pas tenir ses engagements et menacent de descendre dans la rue, a rapporté la presse locale. L’accord en question prévoyait une hausse des salaires des fonctionnaires et des allocations familiales.

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Le site d’information marocain Le 360 a indiqué que c’est le retard accusé par le gouvernement dans la publication, dans le Bulletin officiel, du décret relatif à la mise en application de l’une des clauses de l’accord, à savoir l’augmentation des allocations familiales, qui a suscité une vague de colère au sein des différents syndicats. Ceci, en plus du fait, précise-t-il, que le conseil du gouvernement n’a pas prévu de discuter de cette question lors de sa prochaine réunion.

Pour les syndicats, cet état de fait est «un recul inacceptable, une trahison envers les fonctionnaires de la part du gouvernement et un manquement aux engagements contenus dans l’accord social», a rapporté le média, citant des sources syndicales proches du dossier qui précisent que «le gouvernement est appelé à publier les décrets d’application de l’accord social avant la rentrée prochaine».

Dans le cas contraire, «les centrales syndicales ont, en effet, entamé des rencontres sectorielles pour prendre des mesures d’escalade en signe de protestation contre la réticence du gouvernement à mettre en œuvre la hausse des salaires et des allocations familiales malgré l’écoulement de trois mois après la signature de l’accord», ont ajouté les mêmes sources.

La balle dans le camp du gouvernement

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) avait auparavant indiqué que la responsabilité du retard pris dans le versement de la hausse des allocations familiales incombait au gouvernement, a relayé Le 360.

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La CNSS avait expliqué que la hausse des allocations de 200 à 300 dirhams (18 à 28 euros) par mois pour les trois premiers enfants à partir de juillet 2019 a été prise «au cours des travaux du conseil d’administration de la CNSS qui s’est réuni le 17 juillet dernier». «Mais la mise en application de cette décision demeure tributaire de la publication d’un décret dans le Bulletin officiel par le gouvernement». «Un projet de décret a été préparé et soumis à l’autorité gouvernementale compétente qui le soumettra prochainement au conseil du gouvernement pour approbation», avait-elle ajouté.

Le gouvernement marocain avait expliqué le retard par «les vacances de l’été et l’entame de l’élaboration de la loi de finances de 2020». Des sources syndicales ont affirmé au quotidien arabophone Al-Akhbar que les prétextes avancés par le gouvernement «ne justifiaient pas le retard pris dans la mise à exécution de l’accord signé à contrecœur par les syndicats qui ont émis des réserves sur plusieurs de ses termes».

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