Les États-Unis auraient donné leur accord à Khalifa Haftar pour prendre Tripoli

Washington a apporté son soutien à Khalifa Haftar dans sa campagne militaire pour prendre le contrôle de la capitale Tripoli, ont affirmé trois diplomates américains ayant requis l’anonymat et cités par Bloomberg. L’Égypte et les Émirats arabes unis auraient joué un rôle déterminant pour inciter les États-Unis à prendre cette position.
Sputnik

Trois diplomates américains ayant requis l'anonymat et cité par l'agence Bloomberg affirme que le Président Donald Trump et son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, ont accordé leur soutien au maréchal Khalifa Haftar concernant l'assaut sur la capitale Tripoli. Elles avancent par ailleurs que le Président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, et le prince héritier des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, ont plaidé la cause du maréchal libyen auprès du locataire du bureau ovale.

«Dans un appel téléphonique la semaine dernière, le président Donald Trump a indiqué à l'homme fort libyen Khalifa Haftar que les États-Unis soutiennent son assaut sur la capitale du pays, afin de renverser son gouvernement reconnu par les Nations unies», ont-ils déclaré.

Les mêmes diplomates rapportent qu'«un second entretien téléphonique avec John Bolton, le secrétaire d'État à la sécurité nationale, a donné aussi l'impression à Khalifa Haftar d'avoir reçu le feu vert de la Maison-Blanche pour poursuivre son offensive militaire contre Tripoli».

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Expliquant les raisons de cette position qui se tient à l'opposé de celle exprimée début avril par Mike Pompeo, chef du département d'État, et de l'ambassadeur des États-Unis en Libye, deux des trois sources diplomatiques citées par le média affirment que «l'entretien téléphonique entre Trump et Haftar est intervenu après la visite du président égyptien Abdel Fattah El-Sissi le 9 avril à Washington». Lors de cette visite «ce dernier a demandé à son homologue américain d'apporter son soutien à Khalifa Haftar», ont-elles ajouté.

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Selon les mêmes sources, le Président américain s'est également entretenu «avec le prince héritier d'Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, fervent partisan de Haftar, la veille du jour où la Maison-Blanche a publié une déclaration dans laquelle elle reconnaissait l'appel téléphonique avec Haftar».

Auparavant, la Maison-Blanche avait annoncé dans un communiqué que le président Trump et Khalifa Haftar avaient discuté le 15 avril d'une vision commune pour la transition en Libye, louant son rôle dans la lutte antiterroriste et la sécurisation des ressources pétrolières de la Libye.

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Mardi 23 avril, le maréchal Khalifa Haftar de l'Armée nationale libyenne (ANL) avait annoncé le début de la deuxième phase de l'attaque contre Tripoli, rapporte le quotidien libyen Al-Wasat, citant la déclaration du porte-parole de l'ANL. Abdelhamid Larbi Chérif, ex-colonel des services de renseignement algériens et expert sécuritaire et stratégique, avait commenté cette nouvelle campagne militaire et affirmé dans un entretien à Sputnik que «tout ce qui se passe actuellement en Libye est dirigé contre l'Algérie». Il avait par ailleurs pointé le rôle de la France, des États-Unis et des monarchies du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dans le déclenchement de cette opération militaire.

La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du gouvernement et le meurtre de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays est divisé entre plusieurs entités rivales, avec notamment la présence à Tripoli du Gouvernement d'union nationale de Fayez el-Sarraj, soutenu par l'Onu et l'UE, et dans l'est, d'un parlement élu par le peuple et appuyé par l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar.

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