Le projet d'armée kosovare inquiète Belgrade

Le Conseil de sécurité de l'Onu se réunit à la demande de la Serbie pour une séance extraordinaire concernant la décision du parlement kosovar de créer une armée régulière sur la base des Forces de sécurité du Kosovo.
Sputnik

Le Président serbe Aleksandar Vucic a déclaré que les «grandes puissances mondiales qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo ne priveront pas la petite Serbie du droit de présenter des preuves de la violation du droit dans les Balkans occidentaux, et d'expliquer le danger de ces décisions et leur risque pour le maintien de la paix», cite le quotidien Nezavissimaïa gazeta

«Belgrade a rempli toutes les conditions des accords de Bruxelles, contrairement à Pristina qui n'a rien fait», a précisé le leader serbe. Selon lui, les Albanais et leurs tuteurs — les États-Unis et la Grande-Bretagne — n'ont «jamais aspiré au compromis».

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Le parlement de la république autoproclamée a adopté presque à l'unanimité (à l'exception des députés serbes qui ont boycotté la session) une série de projets de loi visant à transformer les Force de sécurité du Kosovo en armée à part entière d'ici dix ans. Cette dernière sera formée de 5.000 militaires d'active et de 3.000 réservistes, pour un coût de 98 millions d'euros par an. 

La décision de Pristina n'a pas été approuvée par l'Otan, que le Kosovo veut rejoindre depuis longtemps. Selon le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg, cette «décision a été prise malgré le fait que l'Otan jugeait cette initiative peu opportune». C'est pourquoi l'Alliance «est obligée de revoir le niveau de sa coopération avec les forces armées du Kosovo».

L’Otan regrette la décision du Kosovo de créer une armée
L'Union européenne (UE) a également condamné la démarche kosovare. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov considère quant à lui la transformation des Forces de sécurité du Kosovo en armée régulière comme une «violation grossière de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Onu» visant «une aggravation sérieuse de la situation dans les Balkans», ce qui «pourrait se solder par un nouveau conflit armé dans la région».

Alexeï Fessenko, maître de conférences de la faculté de politique internationale de l'Université d'État Lomonossov de Moscou, s'étonne des propos de Jens Stoltenberg: «L'Otan aurait pu faire pression sur le Kosovo en menaçant de couper tous les contacts militaires et de priver le pays de son soutien politique. Mais elle ne l'a pas fait. Les propos de Stoltenberg ne sont donc que des déclarations médiatiques vides».

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Dans tous les cas, il doute de la possibilité d'un conflit armé direct entre les Serbes et les Albanais du Kosovo. 

Il estime que la création d'une armée régulière kosovare fait partie d'un plan américain de grande envergure: «Les USA veulent mettre en œuvre le plan de création de la Grande Albanie, appelée à devenir leur point d'appui dans les Balkans. Cet État albanais uni réunirait des morceaux de l'Albanie, du Kosovo, de la Macédoine, voire du Monténégro et de la Grèce. C'est l'objectif final des Américains dans les Balkans», conclut l'expert.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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