Paris renoncera à la hausse des taxes carburant s'il ne trouve pas les «bonnes solutions»

Après son annonce sur la suspension pour six mois de la hausse des tarifs de l'énergie, Édouard Philippe a affirmé que le gouvernement pourrait renoncer totalement à l’augmentation s'il ne trouve pas les solutions nécessaires, promettant également une hausse de 1,8% du SMIC en janvier 2019.
Sputnik

Moratoire sur la taxe carburant : «foutage de gueule», «les gens vont sortir des armes»
À l'approche du 4e acte des Gilets jaunes samedi, le chef du gouvernement français a promis de renoncer à l'augmentation des prix du carburant si les «bonnes solutions» ne sont pas trouvées sur le pouvoir d'achat lors de la concertation locale décidée pour répondre à la crise des Gilets jaunes.

«Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, nous abandonnerons» cette augmentation de la taxe carbone, suspendue mardi pour six mois, a déclaré le Premier ministre dans son discours ouvrant un débat convoqué à l'Assemblée nationale face au mouvement de protestation.

Les autorités seront «intraitables» à l'égard des «casseurs», a ajouté M.Philippe, appelant à la responsabilité «les acteurs du débat public». Selon lui, le gouvernement n'aspire ni à une nouvelle taxe, ni au creusement du déficit.

En même temps, le SMIC augmentera de 1,8% «dès le mois de janvier 2019», a-t-il indiqué, évaluant le total de la hausse à 3% en ajoutant à l'indexation la baisse des cotisations sociales et la prime d'activité.

«Sur un an, grâce à l'action conjuguée de l'indexation, de la baisse des cotisations sociales et de la prime d'activité, la hausse sera de l'ordre de 3% par rapport à janvier 2018. La hausse de la prime d'activité que nous avons décidée pour avril 2019 amplifiera encore cet effet», a-t-il affirmé.

Gilets jaunes: Moscou demande à Paris d'assurer la sécurité des journalistes
En France, après une première manifestation qui s'est déroulée le 17 novembre, des membres du mouvement des Gilets jaunes ont organisé le troisième acte de leur mobilisation le samedi 1er décembre. Dénonçant à l'origine la hausse des carburants, ils expriment désormais une colère sociale bien plus profonde. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé mardi 4 décembre la suspension pour six mois de trois mesures fiscales qui devaient entrer en vigueur au 1er janvier. Il s'agit de la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel, de la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l'essence et enfin du prix du gazole pour les professionnels.

Le dernier rassemblement a été marqué par d'importantes violences et dégradations urbaines dans la capitale française. Elles ont fait 133 blessés, dont 23 membres des forces de l'ordre, et ont conduit au placement en garde à vue de 378 personnes sur les 412 interpellées, selon un bilan communiqué par la préfecture de police dimanche.

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