Algérie: le bras de fer continue entre les imams et le gouvernement sur les salaires

La Coordination nationale des imams en Algérie a menacé le 24 novembre de descendre dans la rue si les revendications socio-professionnelles, salariales en particulier, qu’elle a soumises au ministre des Affaires religieuses et des Waqfs ne sont pas satisfaites.
Sputnik

Si nos revendications socio-professionnelles ne sont pas satisfaites par notre ministère de tutelle, nous descendrons dans la rue et nous déclencherons une grève à l'échelle nationale, a déclaré le 24 novembre au journal Le Quotidien d'Oran Djelloul Hadjimi, le secrétaire général de la Coordination nationale des imams (le syndicat national des imams) en s'interrogeant sur le silence du ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, face à leurs demandes.

«Le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, nous a donné des assurances quant à la satisfaction de nos revendications, mais il a par la suite fait machine arrière», a déclaré le responsable syndical. Tout en se disant «étonné» par la réaction «ferme» et «intransigeante» du ministre, le représentant des imams a rappelé qu'«il y a des procès-verbaux de réunions sur ce dossier avec la société civile et l'association des imams». «Le ministre n'a pas à nous refuser cette hausse des salaires, il doit soumettre nos revendications au gouvernement», a-t-il encore soutenu.

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Évoquant les revendications en question, M. Hadjimi a souligné que la plus importante est le statut particulier de l'imam. À celle-ci, a-t-il ajouté, «il [le ministre, ndlr] ne veut pas accéder à notre demande de révision du statut particulier de l'imam», en fustigeant le fait qu'«un imam, qui a un grade de professeur, est payé en moyenne à 30.000 dinars [222 euros, ndlr]. Ce n'est pas normal». Pour rappel, le salaire de l'imam est en moyenne de 40.000 dinars (296 euros), soit autant que celui perçu par un enseignant à l'éducation nationale, selon le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs. L'imam perçoit, en plus de ce salaire, des primes pouvant aller jusqu'à 60% de sa rémunération mensuelle, selon la même source.

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Abordant les autres exigences socio-professionnelles soumises par les imams à leur ministère de tutelle, Djelloul Hadjimi a affirmé que «la revalorisation salariale, le logement de fonction, un véhicule de service et plus de sécurité ne seraient que des revendications basiques pour exercer en tant qu'imam».

Pour sa part Mohamed Aïssa, tout en rappelant que le statut de l'imam relevait du régime de la fonction publique, a réitéré son refus de répondre favorablement à la demande d'augmenter les salaires.

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