Macron invité à Madrid: «une volonté de l'Espagne d'occuper son rang au niveau européen»

Ce 26 juillet, Emmanuel Macron s’est rendu à Madrid pour une rencontre bilatérale avec Pedro Sanchez, le nouveau chef du gouvernement espagnol.
Sputnik

Macron et Sanchez, «2 personnes qui sont parties de zéro mais avec des outils différents»
Les discussions se sont axées sur la politique migratoire et la réforme de la zone euro, «deux sujets principaux à traiter» de l'avis du député espagnol socialiste, Pere Joan Pons Sampietro, interrogé par Sputnik. Lors d'une conférence de presse conjointe le 26 juillet dernier, Emmanuel Macron et Pedro Sanchez ont mis en exergue la convergence de leur analyse de l'Union européenne et de la nécessité de la réformer. Le dirigeant espagnol a insisté sur le fait que la France et l'Espagne «donnaient la priorité politique maximum à la construction et à l'aboutissement de l'union économique et monétaire» qui passe, selon lui, par l'union bancaire, mais aussi le budget de la zone euro, «véritable obsession du Président de la République française».

«Ce que nous voulons, dans la réforme de la zone euro, c'est de mettre des outils en place qui permettent une certaine stabilité et qu'en même temps il y ait des mécanismes qui permettent que la vie des européens ne soit pas touchée par une nouvelle crise», déclarait à ce propos Pere Joan Pons, député du Parti socialiste espagnol (PSOE) pour les Baléares.

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Pedro Sanchez et Emmanuel Macron partagent en outre, de l'avis de Pere Joan Pons, une «volonté de montrer un certain leadership» au niveau européen pour impliquer davantage l'Union européenne dans la vie de ses citoyens. Le député socialiste expliquait que cela impliquerait, pour répondre aux défis économiques, de «passer d'une Europe qui a été somnambule à une Europe qui protège» avant d'ajouter:

«Cette rencontre a pour but de renforcer les liens entre l'Espagne et la France et de piloter ensemble cette nouvelle période européenne.»

Une nouvelle période qui passe par la gestion de la crise migratoire. Le jour même, plus de 600 migrants avaient forcé la frontière de Ceuta, pourtant l'une des plus protégées au monde, en lançant de la chaux vive sur les gardes-frontière.

Images du violent déferlement de migrants à Ceuta. Pendant leur assaut contre les clôtures, les subsahariens ont affronté les forces de sécurité en utilisant de la chaux vive et des lance-flammes artisanaux.

Et pour répondre à cette crise, qui a été l'une des priorités de la rencontre, les dirigeants français et espagnol ont rappelé que «la solidarité et le respect des droits de l'Homme devaient prévaloir».

«Sur l'immigration je pense qu'il y a eu un tournant avec l'arrivée de Pedro Sánchez au gouvernement espagnol, qui a été vue ou perçue lors de la rencontre informelle à la fin du mois de juin et avec le symbole de l'Aquarius», analysait Pere Joan Pons.

S'opposant drastiquement à Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien qui a refusél'accès aux ports italiens à un bateau qui avait porté secours à plus de 600 migrants, le chef du gouvernement espagnol avait rapidement offert à l'Aquarius d'accoster à Valence. Une façon d'alerter ses partenaires sans trahir ses valeurs, selon Pere Joan Pons:

«Le cas de l'Aquarius est un symbole et les symboles comptent. Ce qui a été fait, c'est de focaliser l'attention sur un cas concret pour rendre visible un cas généralisé pour les pays du sud de l'Europe.»

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Les deux chefs d'État se sont d'ailleurs accordés sur la nécessité d'une collaboration étroite entre les pays membres de l'Union européenne et ont déclaré qu'il s'agissait d'une «condition sine qua non pour construire un modèle migratoire» à la fois acceptable par les populations et respectueux de la dignité des migrants.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, pour son premier déplacement officiel à l'étranger, Pedro Sanchez avait choisi Paris, quitte à rompre avec la tradition du locataire de la Moncloa, la résidence officielle des chefs d'État espagnols.

«Historiquement, la première visite d'un nouveau gouvernement espagnol est au Maroc. Pourtant la première visite de Pedro Sánchez a été en France, pour rencontrer M.Macron. Je crois qu'il y a une volonté claire de l'Espagne d'occuper son rang au niveau européen», expliquait le député Pons à Sputnik.

En à peine plus d'un mois, c'est la quatrième fois que les dirigeants français et espagnols se rencontrent, la seconde dans un cadre bilatéral.

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