Après la Syrie et l’Irak, le Sahel serait-il le nouvel eldorado de Daech?

Daech*, qui a perdu la guerre en Irak et en Syrie, continue son activité terroriste autre part. L’organisation serait en train de se reconstituer dans la région du Sahel, selon des sources informées citées par le journal Le Soir d’Algérie.
Sputnik

Si la déroute du groupe terroriste Daech* en Syrie et en Irak est effective, cela ne voudrait pas dire pour autant que son activité toucherait à sa fin. En effet, selon des informations recueillies par le journal Le Soir d'Algérie, dans son édition de ce jeudi, l'organisation terroriste serait en train de faire de la région du Sahel sa nouvelle base arrière à partir de laquelle elle mènerait des attaques contre tous les pays de la région.

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C'est la Libye, en premier lieu, qui a servi de base aux terroristes après la chute de Mouammar Kadhafi, suite au bombardement du pays par l'Otan en mars 2011. Et pour cause, lors d'une réunion sur les moyens de combattre le terrorisme organisée par l'Union africaine(UA) et l'Algérie à Oran, dans l'ouest de l'Algérie, le 11 décembre 2017, Smail Chergui, le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, avait déclaré que l'Afrique allait faire face au retour de ces 6.000 djihadistes partis combattre en Syrie et en Irak avec Daech*.

Cependant, les premières informations sur la présence des terroristes de Daech* en Libye sont apparues en 2012. Un haut responsable libyen, selon Le Soir d'Algérie, aurait fourni une quantité de détails qui «révèleraient l'existence d'importantes cellules de Daech* à Syrte, ville côtière du centre de la Libye». Après la libération de cette ville par les forces loyalistes libyennes, en décembre 2016, «les terroristes arrêtés et les documents découverts permettraient de mieux cerner l'implantation de Daech* dans le Sahel», explique le journal.

Lutte antiterroriste: l’armée algérienne resserre l’étau sur les terroristes
Tous les éléments recueillis auraient permis de démontrer tout d'abord que «l'exode» terroriste vers le Sahara aurait débuté bien avant la défaite de l'organisation à Syrte, informe le quotidien. Pour détourner l'attention des forces armées libyennes et desserrer l'étau dans lequel ils se trouvaient pris, «les groupes terroristes auraient mis sur pied une stratégie redoutable: mener des attentats-suicides de grande envergure de manière à concentrer l'attention des forces armées sur les faits, pendant que s'ouvrirait un front vers le sud», souligne la source, qui ajoute que des informations attesteraient que «Daech* aurait réellement réussi à se déployer dans le sud où se seraient reconstituées de petites cellules très répandues et installées dans certains pays comme le Mali et la Mauritanie».

Les autorités libyennes vont encore plus loin dans la description du réseau reconstitué par Daech* au Sahel. Selon Seddik Sour, secrétaire général du gouvernement libyen, cité par Le Soir d'Algérie, «Daech* aurait reconstitué son armée au Sahara». L'organisation bénéficierait de «beaucoup d'argent», «des fonds qui auraient été extorqués aux hommes d'affaires, rançons, vols, mais "proviendraient aussi de Syrie"», avoueraient d'autres sources libyennes, citées par le journal.

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D'autres informations, recueillies par le journal auprès de responsables libyens, feraient état que Daech* aurait construit des «abris provisoires» dans les régions de Beni Ulid et Sabratha pour recevoir les terroristes en provenance d'Irak et de Syrie, pour une période de repos avant de rejoindre le Sahara.

Le plus dangereux encore, selon Le Soir d'Algérie, serait le fait que le groupe terroriste aurait réussi la prouesse d'«amener les organisations armées existant déjà au Sahel à rallier Daech*». Plusieurs groupes ont annoncé récemment avoir fait allégeance à l'organisation terroriste lui permettant ainsi d'étendre son influence dans des zones stratégiques, au nord-est et au nord-ouest, a ajouté le journal.

D'autres sources sécuritaires bien informées auraient indiqué que la frontière algéro-libyenne connaîtrait «une intense activité terroriste», pas très loin des bases bombardées dernièrement par l'aviation américaine.

En Algérie, «chaque jour, un ou deux terroristes sont capturés ou se livrent à l’armée»
Des communiqués émanant du ministère algérien de la Défense annoncent des redditions de terroristes et la découverte de caches d'armes. Durant le mois de janvier 2018, selon ces communiqués, «15 terroristes ont été abattus, à Jijel, Khenchela, Médéa et Boumerdès, alors que cinq se sont rendus à Tamanrasset aux autorités militaires qui, en même temps, ont pu récupérer un armement toujours en impressionnante quantité». Alors qu'entre le mois de février et avril, 14 autres terroristes se sont rendus aux autorités militaires dans la wilaya de Tamanrasset. Toujours d'après le ministère algérien de la Défense, de 2017 à avril 2018, 84 terroristes ont été arrêtés ou tués dans le pays.

*Organisations terroristes interdites en Russie

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