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Afrique en marche
Et si l'Afrique prenait son envol dans le contexte du monde multipolaire naissant? C’est à ce débat que L’Afrique en marche aimerait prendre part.

La tragédie classique grecque et la littérature pour la construction d’une culture de la paix

La tragédie classique grecque et la littérature pour la construction d’une culture de la paix
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Dans cet épisode de L'Afrique en marche, Gamal El Ballat, président de l’Institut de recherche sur les récits et les organisations (IRRO), évoque le rôle que devrait jouer la littérature, notamment la tragédie classique grecque, dans la promotion d'une culture mondiale de la paix et de la vie au service de toute l'humanité.
"La Grèce du Ve siècle nous montre une transformation essentielle: au lieu de régler uniquement les conflits par la force ou la vengeance, on commence à donner davantage de place à la parole, au débat et au jugement. Il ne faut pas idéaliser Athènes, qui excluait notamment les femmes, les esclaves et les étrangers de la citoyenneté. Mais des spécialistes montrent que le théâtre devient alors un lieu où la cité regarde ses propres conflits et apprend, en quelque sorte, à débattre avec elle-même. Cette leçon reste très actuelle. La guerre peut devenir une logique d’extension: vouloir davantage de territoire, de ressources, de puissance ou d’influence. Lorsque cette volonté est poussée par la cupidité et qu’elle fait oublier la valeur d’une vie humaine, l’autre finit par ne plus être considéré comme notre semblable", rappelle sur Radio Sputnik Afrique Gamal El Ballat, expert en sciences de gestion et enseignant au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), à Paris, également fondateur et président de l’Institut de recherche sur les récits et les organisations (IRRO).
Et d'expliquer: "Prométhée enchaîné, traditionnellement attribué à Eschyle, raconte finalement une histoire très moderne: Prométhée donne aux êtres humains le feu, mais aussi l’écriture, les nombres, la médecine, la navigation et les techniques. Autrement dit, il leur donne la connaissance. Et donner la connaissance à quelqu’un, c’est lui donner une certaine autonomie. Celui qui sait davantage n’accepte plus nécessairement d’obéir de la même manière. Regardons simplement l’intelligence artificielle aujourd’hui: elle ne change pas seulement nos outils; elle nous oblige à nous interroger sur le travail, le savoir, la responsabilité et même sur ce que nous considérons comme spécifiquement humain. Prométhée nous transmet donc une deuxième leçon : celui qui détient le pouvoir doit lui aussi être capable d’apprendre. Un État, une entreprise ou une institution qui refuse toute transformation risque de vouloir protéger son pouvoir plutôt que sa raison d’être".
Selon M.El Ballat, "nous arrivons finalement au cœur du problème. Schiller parle de cette "éternelle habitude d’hier" qui nous empêche d’agir autrement. Les chercheurs utilisent aujourd’hui une expression plus technique: la "dépendance au sentier". La guerre peut malheureusement suivre cette logique. Une violence ancienne justifie une nouvelle violence; celle-ci devient ensuite la justification de la suivante. Les enfants héritent alors non seulement de l’histoire de leurs parents, mais parfois aussi de leurs ennemis. C’est ici que la littérature peut jouer un rôle essentiel: elle donne un visage à celui que nous appelons "l’ennemi". Elle nous rappelle qu’il a lui aussi une famille, une mémoire, des peurs et des espérances.
🎙️ Retrouvez l’analyse complète dans ce nouvel épisode de L’Afrique en marche.
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