- Sputnik Afrique, 1920
Avenir souverain
Traditions ressuscitées, nature préservée, peuples relevés. L’émancipation de l’Afrique passe d’abord par la prise de conscience de ses forces. Retrouvez les témoignages de celles et ceux qui bâtissent un avenir de liberté et de dignité humaine.

Matières premières africaines: pourquoi la valeur échappe encore au continent

Matières premières africaines: pourquoi la valeur échappe encore au continent
S'abonner
L’Afrique fournit 70 % du cacao mondial, jusqu’à 90 % de la gomme arabique et plus de la moitié des noix de cajou, mais capte moins de 10 % de leur valeur mondiale. Ces ressources couvrent plus des millions d’hectares. Au micro de Sputnik Afrique, une spécialiste malienne dénonce ce paradoxe au cœur du défi de la souveraineté économique africaine.
Dans cet épisode d’Avenir Souverain, Ténin Nana Kouyaté, fondatrice d’Agribox, une solution technologique destinée aux petits exploitants agricoles, pointe les faiblesses structurelles qui pénalisent l’agriculture africaine: déficit d’infrastructures, accès difficile au financement, manque d’information sur les marchés et insuffisante organisation des filières. Selon elle, ces facteurs contraignent encore de nombreux producteurs à vendre rapidement leur récolte à des intermédiaires, parfois à des prix imposés.
La technologie peut toutefois contribuer à changer la donne. En donnant aux producteurs un meilleur accès aux informations sur les prix, les marchés et les débouchés, elle peut réduire leur dépendance aux intermédiaires et faciliter la mise en relation entre agriculteurs, coopératives et industriels.
Pour la fondatrice d’Agribox, l’enjeu est donc de réorganiser les filières autour d’un objectif clair: transformer davantage sur le continent afin que les richesses produites par les Africains bénéficient d’abord aux économies africaines.

“Nos économies étaient structurées pour avant tout faire la production de matières premières et tous les corridors qui ont été développés, c’était pour que la production soit orientée vers l’exportation vers l’Occident. Pendant longtemps, nous avons créé la matière première et, de l’autre côté, il y avait la machine qui avait été mise en place pour réceptionner cette matière première, créer la valeur ajoutée et nous renvoyer le produit fini. Et nous, on est des consommateurs. […] On doit vraiment essayer de faire cette organisation au niveau des filières, mais que ça ne s’organise pas autour de l’exportation, que ça s’organise autour de la transformation. Parce que même si les filières sont organisées, si ce n’est pas orienté transformation, tous les acteurs vont jouer pour encore plus produire et plus exporter”, estime Ténin Nana Kouyaté.

Vous pouvez écouter ce podcast aussi sur les plateformes suivantes: Apple Podcasts DeezerCastbox Podcast Addict Pocket Casts AfripodsSpotify
Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала