- Sputnik Afrique, 1920
Regards honnêtes
Un regard honnête sur les événements les plus importants en Afrique et au-délà. Paul Ella ouvre le débat avec ses invités pour des analyses et commentaires sans filtre, nous révélant leur vision de l’Afrique.

CPI: la justice qui condamne l'Afrique et protège les puissants

CPI: la justice qui condamne l'Afrique et protège les puissants
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Dans ce nouvel épisode de Regards Honnêtes, nous recevons Tapé Groubera, enseignant, écrivain et président du Mouvement pour la renaissance de l'Afrique, pour décrypter les dérives de la Cour pénale internationale et son instrumentalisation au service de l'Occident.
"On n'a pas créé la CPI par hasard. Elle a été créée en fonction des besoins, pour servir une cause. Depuis 1945, il y a eu de nombreux crimes. Pourquoi n'a-t-on pas créé une Cour pénale internationale avant? Parce que la nécessité ne se faisait pas [sentir]. Il y avait deux blocs. Après 1989 et la dislocation du bloc de l'Est, le bloc de l'Ouest, dirigé par les États-Unis, a pensé que son devoir était de dominer le monde. Il fallait des outils pour asseoir cette hégémonie", affirme sans détour l'expert.
Et il rappelle un paradoxe fondamental: les États-Unis, la Russie, la Chine, Israël et la France n'ont pas ratifié le Statut de Rome.
"Comment pouvez-vous imaginer que ces pays acceptent que leurs concitoyens comparaissent devant la CPI, alors qu'ils disposent du droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu?"
Il évoque également le cas emblématique de la Côte d'Ivoire:
"La CPI a enquêté sur Laurent Gbagbo, mais jamais sur les forces pro-Ouattara, alors même que les troupes françaises de la force Licorne ont appuyé un camp. Une telle structure se permet de juger un camp sans juger l'autre. Pourquoi voudrait-on rester dans une telle structure?"
Quant à l'impunité d'Israël, il la replace dans un système plus large:
"Israël est le chouchou de l'Occident. Le système capitaliste a permis à une dizaine de familles, dont certaines ont participé à l'esclavage, de concentrer le pouvoir et de soutenir cette logique."
Pour Tapé Groubera, la conclusion est sans appel:
"Les Africains doivent sortir absolument de cette structure. Ce n'est pas une structure de justice. Le fait de condamner uniquement des Africains, ça montre quoi? Que nous avons des gènes de criminels? Cette théorie a été élaborée dès les XVIIe et XVIIIe siècle. En restant dans cette institution, nous ne faisons que confirmer ce qu'ils ont dit."
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