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Avenir souverain
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Terrorisme au Sahel: la réintégration des anciens combattants est-elle la clé d’une paix durable?

Terrorisme au Sahel: la réintégration des anciens combattants est-elle la clé d’une paix durable ?
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Alors que le Nigeria mise sur la déradicalisation d’anciens membres de Boko Haram, les pays de l’AES développent leurs propres mécanismes de réintégration. Sur les ondes de Sputnik Afrique, un parlementaire malien estime que la paix durable ne peut reposer sur la seule réponse militaire et plaide pour des solutions adaptées aux réalités du Sahel.
Dans cet épisode d'Avenir Souverain, le Dr Fousseynou Ouattara, vice-président de la Commission sécurité et défense du Conseil national de Transition du Mali, revient sur les défis de la réintégration des anciens combattants dans les pays du Sahel. Alors que le Nigeria revendique la réinsertion de plusieurs milliers d'ex-membres de Boko Haram* grâce à des programmes de déradicalisation, l'expert rappelle que le Mali avait déjà engagé des processus de désarmement, démobilisation et réintégration dès les accords d'Alger de 2015.
Selon lui, la principale innovation de l'expérience nigériane réside dans le travail de déradicalisation, un volet longtemps sous-estimé dans les approches sahéliennes. Face à des jeunes parfois enrôlés dès l'adolescence, manipulés idéologiquement ou soumis à des années de conditionnement psychologique, il estime que la réponse ne peut être uniquement militaire.
Pour le responsable malien, la reconstruction de la paix passe aussi par la réconciliation nationale, l'accompagnement psychologique, la formation professionnelle et la création de perspectives permettant d'éviter que de nouvelles générations ne tombent dans les réseaux terroristes. Une réflexion qui soulève également la question de la souveraineté des choix sécuritaires et du droit des pays de l'AES à construire leurs propres solutions en fonction de leurs réalités.

“Le Mali avait déjà engagé le processus de désarmement, démobilisation et réintégration avant l'expérience nigériane. Mais ce que le Nigeria apporte aujourd'hui, c'est le volet de la déradicalisation. Nous avons affaire à des jeunes qui ont parfois passé toute leur adolescence dans les groupes terroristes, qui ont été manipulés idéologiquement et qui n'ont connu que la guerre. On ne peut pas simplement les sortir d'un groupe armé et espérer qu'ils retrouvent immédiatement une vie normale. Il faut un travail de fond pour leur faire redécouvrir la valeur de la famille, de la citoyenneté et de l'appartenance à une nation. C'est pourquoi nous pensons que les solutions doivent être conçues par nous-mêmes, selon nos réalités et nos besoins, sans pressions extérieures”, affirme le Dr Fousseynou Ouattara.

* Organisation terroriste interdite en Russie
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