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UE-Alger: "Il ne faudrait pas juste réviser l’accord d’association mais le dénoncer et en sortir"

UE-Alger: «Il ne faudrait pas juste réviser l’accord d’association mais le dénoncer et en sortir»
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Dans ce numéro de L’Afrique en marche, l’ex-ministre algérien de l’Industrie Ferhat Ait Ali Braham dresse le bilan pour son pays des 19 années d’application de l’Accord d’association avec l’UE, signé en 2002 et entré en vigueur en 2005. "L’Algérie a perdu énormément sur tous les registres dans ses relations économiques avec l’UE".
"Le résultat économique et financier négatif pour l’Algérie de son Accord d’association avec l’Union européenne n’est pas une surprise, étant donné qu’il était tout à fait prévisible dès sa signature en 2002 sous feu le Président Abdelaziz Bouteflika", affirme à Sputnik Afrique Ferhat Ait Ali Braham, économiste et ex-ministre algérien de l’Industrie.
Néanmoins, selon lui, "vu le contexte interne, marqué par une faiblesse économique, sociale et sécuritaire à cause des retombées de la décennie noire du terrorisme des années 1990, et la situation internationale née des attaques du 11-Septembre aux États-Unis et des guerres qu’elles ont par la suite engendrées, on ne peut qu’accorder des circonstances atténuantes aux négociateurs algériens. Ces derniers n’avaient pas les moyens d’imposer quoi que ce soit à la partie européenne. Par contre, ce qui est anormal c’est d’avoir continué à appliquer ces clauses après 2005, malgré les changements internes intervenus, aussi bien économiques que politiques et sécuritaires".
Et de poursuivre: "dans le contexte de la flambée des prix du pétrole et des revenus importants engrangés par le Trésor public grâce à la fiscalité pétrolière, l’Algérie a perdu énormément sur tous les registres dans ses relations économiques avec l’UE régies par l’Accord d’association".

Pour Ferhat Ait Ali, "sans protectionnisme, chose d’ailleurs que les Européens et les Occidentaux savent très bien faire quand il s’agit de défendre leurs intérêts au mépris des règles qu’ils eux-mêmes imposées au reste du monde, l’Algérie n’a aucune chance, comme tous les autres pays africains, de développer une quelconque industrie, agriculture, science et technologie à même de provoquer un réel décollage économique. Sans planification indicative et une politique de développement à marche forcée, on ne peut pas créer une économie souveraine et autonome. À ce titre, il ne faudrait pas juste réviser cet accord d’association mais le dénoncer et en sortir définitivement. L’Algérie aura tout à gagner à négocier de nouvelles conditions lui assurant ses intérêts avec les pays européens, indépendamment de l’Union et de la Commission européennes".

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